Selon une étude du Céreq, l’accès à l’emploi varie selon les origines sociales, les études, le sexe et la géographie.

Face à l’emploi, et donc au chômage, tout le monde ne part pas avec les mêmes armes. Le Céreq (établissement public sous tutelle des ministères du travail et de l’éducation nationale) vient de publier sa dernière enquête sur l’insertion des jeunes ayant quitté le système éducatif en 2013. Les résultats montrent que trouver un emploi durable dépend non seulement du diplôme, mais également du niveau de vie des parents, de la région et du sexe des jeunes actifs. 

Un jeune sur sept n'a pas de diplôme

Premier enseignement : parmi les 693 000 jeunes ayant quitté le système éducatif en 2013, moins d’un sur deux était titulaire d’un diplôme du supérieur (44 %). Une grande partie des jeunes s’arrêtent en effet au niveau du baccalauréat (29 %), quand 13 % ne dépassent pas le CAP/BEP. Les bac+5 sont assez plébiscités (17 % des sortants), devant les bac+2/3 (15 %), les bac +3/4 (10%) et les doctorats (2 %). 

A noter que 14 % des jeunes ont rejoint la vie active sans diplôme en 2013, soit près d’un sur sept. On observe également que les filles vont plus loin dans leurs études : elles représentent 42 % des non-diplômés mais 60 % des bac+5.

Sans surprise, l’accès à l’emploi est plus facile pour les jeunes diplômés. Ainsi, alors que 23 % des non-diplômés trouvent un emploi en moins d’un mois, cette insertion rapide se fait plus fréquente avec des qualifications : 29 % après un CAP/BEP, 40 % après un bac, 42 % après un bac+2, 52 % après un bac+5 et 68 % après un doctorat. 

De même, le chômage de longue durée est plus fréquent quand on a moins de diplômes. Chez les inscrits à Pôle emploi depuis plus d’un an, on retrouve 53 % des sans-diplômes, contre 13 % des bac+3/4 et 12 % des bac+5.

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Très peu de non-diplômés reprennent une formation

La même tendance s’observe trois ans après la fin des études. Si 17 % des jeunes sont au chômage à ce moment, cela concerne 39% des non-diplômés, contre 16 % des titulaires d’un bac, 11 % des bac+2 et 9 % des bac+5. Seule une minorité (7 %) a repris une formation ou des études, principalement chez les bacheliers (12 %), les bac+3/4 (10 %) et les non-diplômés (9 %).

Au niveau du salaire, pas de surprise : les filles, bien que globalement plus diplômées, sont moins bien payées. En moyenne, une fille ayant terminé ses études en 2013 touche 1450 € nets mensuels, contre 1 500 € pour un garçon. Une différence qui s’observe quel que soit le niveau de qualification.

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Inégalités sociales marquées de l'école à l'emploi

Une autre inégalité est mise en avant par l’étude du Céreq. Le plus souvent, les jeunes intègrent la même catégorie socioprofessionnelle que leurs parents. Ainsi, 35 % des enfants de cadres deviennent cadres à leur tour, contre 10 % des enfants d’ouvriers. A l’inverse, 31 % des enfants d’ouvriers le sont en 2016, pour 9 % des enfants de cadre. 

L’étude montre d’ailleurs que 15 % des enfants d’ouvriers quittent les études sans diplôme, contre seulement 2 % des enfants de cadres, dont plus de la moitié atteignent un niveau bac+5 ou plus, contre 1 enfant d’ouvrier sur dix. 

Autre freint à l’emploi pour les jeunes : le lieu de résidence. Selon les statistiques du Céreq, le taux de chômage des jeunes est très inégal en fonction des régions. Pour trouver un emploi, il vaut mieux habiter en Bretagne (13 % de chômage), en Pays-de-la-Loire (14 %) ou en Île-de-France (15%) qu’en Hauts-de-France (24 %), en Paca (26 %) ou dans les Outre-mer (43 %). L’accès durable à l’emploi, la part de diplômés du supérieur et le revenu moyen dépendent aussi fortement de la géographie. 

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Par ailleurs, le taux de chômage des jeunes habitant en quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) est plus important que les autres (33 % contre 18 %), quel que soit le niveau d’études.