Selon le grand sondage « Génération What ? », les jeunes Français se voient comme une génération perdue et n’accorde quasiment aucune confiance à la politique, avec laquelle ils sont en complet décalage.

La jeunesse française n’a jamais semblé plus en décalage avec le monde actuel. Selon l’enquête « Génération What ? », menée sur les Européens de 18 à 34 ans, dont 20 000 Franças, le niveau de pessimisme, de défiance et de révolte des jeunes Français atteint des niveaux record.

Les jeunes se prédisent un avenir sombre

Première enseignement, les jeunes se voient comme une génération « perdue » et « sacrifiée ». Ils sont majoritaires à penser que « la crise économique aura un impact sur leur avenir » (73 %) et que leur avenir sera « pire que la vie qu’ont menée leurs parents » (53 %). Chez ceux qui ont déjà un emploi, 65 % s’estiment d’ailleurs sous-payés. 

L’enquête a été publiée mercredi 14 décembre par la sociologue Anne Muxel, directrice de recherches au Cevipof (CNRS/Sciences Po). Dans le journal Le Monde, elle explique :

Ce qui s’aggrave, c’est le pessimisme quant aux possibilités que la société française peut leur offrir pour s’intégrer dans de bonnes conditions, pour trouver un travail rémunéré à la hauteur de leurs compétences, pour qu’ils se sentent reconnus quant à leur utilité sociale et dans leur rôle, pour obtenir leur autonomie… »

99 % des jeunes pensent que les politiques sont corrompus

Au-delà de ce pessimisme général, deux statistiques interpellent : 99 % des jeunes pensent que les personnalités politiques sont corrompues (63 % qu’ils sont « tous corrompus ») et 87 % d’entre eux ne font pas confiance aux politiques ni aux médias. Pour l’écrasante majorité (93 %), « c’est la finance qui dirige le monde ». Même le système éducatif en prend pour son grade, jugé inégalitaire par 68 % des jeunes et « inefficace pour entre sur le marché du travail » pour 87 % d’entre eux.

Symbole du décalage qu’ils ressentent avec leurs aînés et la politique, la première préoccupation des jeunes n’est pas l’emploi, mais l’environnement et l’écologie (à 52 %, contre 45 % pour l’emploi). Pris d’un sentiment de défiance, 62 % des Français de 18-34 ans sont prêts à « participer demain ou dans les prochains mois à un grand mouvement de révolte ».

Ils comptent sur eux-mêmes pour s’en sortir

Toutefois, selon Anne Muxel, 65 % des jeunes « adhèrent à la possibilité d’être heureux au jour le jour, même sans travail et sans famille ». Quels sont ces motifs d’optimisme ? L’amitié et les relations amoureuses, jugées nécessaires au bonheur pour 90 et 86 % d’entre eux. Les jeunes comptent aussi sur eux-mêmes pour s’en sortir, puisque 63 % pensent que « quand on veut, on peut » et 70 % sont prêt à faire leur vie hors de France pour réussir. En outre, 63 % les jeunes font toujours confiances aux organisations humanitaires