Depuis la crise de 2007, les revenus des jeunes européens ne cessent de diminuer. Le FMI tire la sonnette d’alarme.

Aujourd’hui, un jeune sur quatre risque d’être pauvre en Europe. C’est en tout cas ce que montre une étude du FMI (Fonds monétaire international), publiée mardi, sur les écarts de revenus entre les générations en Europe. « Une génération entière pourrait ne jamais s’en remettre », a déploré Christine Lagarde, directrice du FMI, dans le blog de l’institution. Selon l’étude, la crise de 2007 serait à l’origine de cette constatation.

Une situation qui s’aggrave depuis dix ans

En effet, jusqu’ici l’inégalité des revenus entre les générations était stable. Et toutes les générations, en Europe, avaient le même niveau de pauvreté, selon le FMI. Mais depuis 2007, un fossé s’est creusé, plus particulièrement entre les 18-25 ans et les plus de 65 ans.

Depuis la crise financière, les revenus des jeunes ont stagné, contrairement à ceux des plus de 65 ans, qui ont vu leurs revenus augmenter de 10 %. Les seniors deviennent de plus en plus riches alors que les plus jeunes voient leurs revenus diminuer d’années en années.

Un jeune sur cinq au chômage

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces disparités. Si d’un côté, les seniors s’enrichissent grâce à la préservation de leur retraite, de leur côté, les jeunes doivent faire face à la montée du chômage. 

« Aujourd’hui, près d’un jeune sur cinq recherche toujours du travail en Europe », s’indigne Christine Lagarde. En 2013, le taux de chômage des jeunes a même atteint 24 %, en Europe. Le même qu’en France, en 2016 (selon l’OCDE).

Des jeunes vulnérables face à l’emploi

Mais le chômage n’est pas l’unique raison de cette augmentation de la pauvreté. Les jeunes pâtiraient également du manque de stabilité. D’après Christine Lagarde, « après une longue période de chômage et une expérience limitée, les jeunes ont plus de difficultés à trouver du travail. » Et lorsqu’ils en trouvent, ce sont souvent des CDD ou des contrats à temps partiels qui les attendent. Depuis la crise, ces types de contrats n’ont cessé d’augmenter.

L’étude indique aussi que les 18-25 ans ont la dette la plus élevée par rapport à leur capital, contrairement aux autres générations. Cela les rendrait une fois encore plus vulnérable face à la crise.

Intégrer les jeunes sur le marché du travail

Mais pour la directrice du FMI, il est temps d’agir. « Pour réduire le risque que les jeunes deviennent pauvres et souffrent de pertes de revenus à vie, faciliter leur intégration sur le marché du travail est essentiel », explique-t-elle. Le FMI conseille aux gouvernements de mettre en place des mesures incitatives comme la réduction de charges sociales pour les revenus les plus faibles. 

D’après Christine Lagarde, cette intégration « requiert également l’amélioration et l’adaptation des compétences des jeunes. » L’idée serait donc d’investir davantage dans l’éducation et la formation, d’utiliser l’impôt sur la fortune pour financer des programmes sociaux dédiés aux jeunes…

Prendre exemple sur l’Allemagne et le Portugal

Deux pays auraient déjà trouvé la solution, selon le FMI : l’Allemagne et le Portugal. Le premier pays mise sur l’apprentissage. Le deuxième a préféré s’attaquer aux taxes : les jeunes en sont exemptés pour trois ans. « Même si le chômage des jeunes reste élevé, cette mesure va dans le bons sens », estime la directrice. 

Ces mesures seraient bénéfiques à la fois pour les jeunes et pour toute la société. « Réduire les inégalités à travers les générations va de pair avec une croissance durable et une confiance retrouvée au sein de la société », conclut-elle.