Pour les étudiants des grandes écoles, être utile à la société serait leur plus grande fierté, bien avant leur rémunération.

D’après une enquête de l’Ipsos, plus de neuf étudiants des grandes écoles sur dix choisiront leur emploi en fonction de l’intérêt du poste. L’ambiance au travail est aussi un élément important à prendre en compte pour 86 % des étudiants. Les conditions matérielles (rémunération, temps de travail et de trajet) arrivent, quant à elles, en dernière position. La dimension humaine serait donc un critère essentiel pour les futurs managers.

Se rendre utile à la société

D’ailleurs, ce facteur apparait primordial pour les étudiants qui seraient très fiers d’apporter des changements dans la société (97 %) ou de permettre à des personnes de se développer professionnellement (90 %).

Les étudiants interrogés vont encore plus loin. Selon eux, être utile à la société, c’est-à-dire œuvrer pour l’intérêt général (52 %) ou améliorer la vie des gens (49 %) serait plus important que leur salaire (20 %). Pour un étudiant sur deux, cette solidarité serait un prérequis indispensable au sein de leur société. 

Pour autant, 54 % des étudiants des grandes écoles estiment que « travail utile et bonne rémunération » sont compatibles.

L’entreprise de demain : une entreprise collaborative

Pour pouvoir travailler en accord avec l’esprit solidaire qu’ils défendent, les étudiants imaginent un autre modèle que celui de l’entreprise traditionnelle. Le secteur de l’économie sociale et solidaire serait la meilleure solution. Un étudiant sur deux aimerait travailler dans ce domaine. Notamment dans le secteur environnemental (59 %) ou éducatif (56 %). Seuls leur manque de connaissance dans ce secteur (20 %) et le salaire, jugé inférieur à celui dans une entreprise classique (18 %), seraient un frein à leur engagement.

L’entreprise de demain doit aussi savoir s’adapter. Près de trois étudiants sur cinq aimeraient avoir la possibilité de se former ou de changer de métier au sein de leur entreprise. Ils souhaitent également travailler avec des personnes d’équipes différentes (55 %) et avoir une organisation de travail plus flexible (52 %). Autonomie et liberté seraient donc les maîtres-mots de l’entreprise de demain.

En finir avec le management directif

Mais cette entreprise du futur ne serait rien sans un bon manager. Plus d’un tiers des étudiants estiment que le management actuel est directif alors que 59 % d’entre eux aimeraient qu’il soit plus collaboratif. Pour cela, les qualités humaines seraient là encore plus importantes que le caractère autoritaire du manager. Pour quatre étudiants sur cinq, il doit être capable de motiver son équipe (87 %), d’être à l’écoute (86 %) et de respecter les autres (85 %). 

Cependant, d’après les étudiants, le manager de demain a encore quelques compétences à développer. Comme le traitement de l’égalité homme-femme, l’épanouissement de ses équipes ou son action éthique et responsable.


*Enquête réalisée par Ipsos pour le Boston Consulting Group et la Conférence des grandes écoles, sur un panel de 1 680 étudiants interrogés en 2017 dans 160 écoles.