EF Education First vient de publier la troisième édition de son rapport sur l'indice de maîtrise de l'anglais (EF EPI). En plus de classer une soixantaine de pays en fonction des niveaux de compétences en anglais de leurs habitants, le rapport inclut pour la première fois une analyse de l'évolution du niveau d'anglais entre 2007 et 2012. Il en ressort notamment que les Français sont particulièrement mauvais, et ne s'améliorent pas...

Pour la troisième édition de son rapport sur la maîtrise de l'anglais, EF Education First n'est pas annonciateur de bonnes nouvelles, surtout concernant la France ! Kate Bell, directrice du projet d'études à EF, est en effet radicale : "la tendance générale en France est une baisse du niveau en anglais", constate-t-elle. Une tendance vérifiée tant chez les plus jeunes que chez les adultes. La France, qui se classe 35ème et bonne dernière européenne, perd en effet des points... Lors de la première édition de l'EF EPI, la France avait un résultat de 53,16 : trois éditions plus tard, son score n'est plus que de 50,53 !

"Pour travailler en anglais, il faut au minimum un niveau B2", indique Kate Bell. Or, en France, "31 % des enfants de 15 ans n'ont pas le niveau A1. Ils ne peuvent tenir de conversation de base, se présenter,... 15 % ont un niveau A1, donc débutant. En classe de 3ème, ils ont pourtant plus de cinq années d'anglais derrière eux, tandis que le niveau A1 doit normalement être acquis en fin de primaire, comme le stipulent les textes ! Comparativement, en Suède, 60 % de ces personnes ont un niveau B2. En France, cela concerne seulement 5 % des élèves", souligne Kate Bell.

Les raisons d'un désamour avec la langue de Shakespeare

Cette mauvaise maîtrise existe bel et bien "en dépit du fait que les professeurs d'anglais ont un niveau de qualification semblable à ceux de leurs collègues d'autres pays d'Europe, pourtant mieux classés. Paradoxalement, les enseignants français ont même passé plus de temps à étudier l'anglais que leurs confères européens", précise EF. Alors, qu'est-ce qui cloche, si ce n'est pas l'enseignement ? Pour Kate Bell, il s'agit d'un refus - presque inconscient - de maîtriser l'anglais. "En France, on tient encore à l'idée de francophonie. Or, il faut accepter l'idée que l'anglais est la langue des échanges internationaux. Il ne faut pas être seulement diplomate pour avoir besoin de parler anglais au travail", estime-t-elle.

Outre un enseignement en anglais, les Français sont très peu exposés, dans la vie de tous les jours, à l'anglais, à l'inverse des petits danois ou néerlandais, par exemple. Films, journaux, sites en ligne : ils demeurent majoritairement sur les sites francophones, et ne sont pas incités à se frotter à l'anglais ! Des améliorations ont pourtant été tentées, comme une introduction plus rapide de l'anglais à l'école... Mais cela ne suffit pas. "C'est une erreur de croire qu'en introduisant les langues plus tôt dans un système scolaire, on améliorera le niveau. C'est l'immersion qui permet de s'améliorer", souligne Kate Bell.

L'anglais, un plus qui est devenu une norme désormais

Pourtant, les Français devraient se mettre à l'anglais. En effet, il ne s'agit plus d'un bonus sur un CV, mais parfois bien d'un pré requis indispensable pour toute embauche. Ainsi, selon une enquête Cadre Emploi, 66 % des cadres sont amenés à utiliser l'anglais au travail. "L'anglais devient de plus en plus une compétence de base dont a besoin l'ensemble de la population active", indique le rapport. Ce document fait un parallèle avec "l'alphabétisation au cours des deux siècles précédents, qui est passée d'un privilège réservé à une élite à un pré requis élémentaire pour tous les citoyens dans la société de l'information".

Et quand deux candidats pareillement qualifiés postulent à un poste, c'est celui qui parle anglais qui raflera bien souvent l'emploi, même si la maîtrise de la langue n'est pas indispensable... On se met donc dès à présent à l'anglais, avec de petits exercices quotidiens, et en notant bien les fautes à ne surtout pas faire !