Selon le « Gender Scan 2017 », les filles sont de moins en moins nombreuses dans les filières informatiques et techniques. 

De 28 % en 2010, la part de filles inscrites en licence, master ou doctorat de sciences fondamentales est descendue à 25 % en 2015, selon le « Gender Scan », étude publiée fin septembre par le cabinet de conseil Global Contact. 

Baisse à la fac et au lycée

L’étude, qui reprend des données ministérielles, fait aussi apparaître que la part de filles en BTS dans l’informatique ou les services numériques a chuté de 10 % à 7 % entre 2010 et 2015. En IUT informatique, ce taux est resté faible, à 8 %. 

Cet état des lieux inquiète, surtout en prenant en compte « l’évolution alarmante » pointée par les auteurs de l’étude. « Ce qui est plus inquiétant encore, c’est que cette chute se constate aussi dans le secondaire, c’est-à-dire chez les nouvelles générations », fait remarquer Claudine Schmuck, directrice de Global Contact, auprès de L’Usine Nouvelle.  

Image stéréotypée

Au lycée, les filles représentent 43 % des effectifs totaux des formations scientifiques, contre 45 % en 2010. En terminale Sciences de l’ingénieur, elles ne sont que 13 %. Elles sont toutefois plus nombreuses en terminale S : 46,7 % en 2015, contre 45,1 % en 2010.

« Cette chute s’explique par la montée en puissance des stéréotypes sexistes, alimentée notamment par les réseaux sociaux », regrette Claudine Schmuck dans L’Usine Nouvelle. Une perte d’intérêt pour les sciences d’autant plus dommageable que plusieurs filières scientifiques se sont donné pour objectif d’atteindre la parité chez leurs étudiants. Selon la Conférence des directeurs d’écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI), la part d’étudiantes a triplé dans ces écoles a triplé ces 25 dernières années, mais n’atteint encore que 28,4 %. 

En Asie, presque 50 % de filles en informatique

Deux filières scientifiques attirent pourtant les jeunes femmes aujourd'hui : les sciences de la vie et de la terre et surtout la médecine, où elles sont plus nombreuses que les hommes. Ce qui ne suffit pas à instaurer une parité dans les études de sciences : de 29 % de femmes dans la totalité des filières scientifiques en 2010, la France est passé à 30 % en 2015.

En comparaison aux autres pays, c’est un score très faible. « En 2013, on comptait 47 % de filles dans les filières d’informatique de l’enseignement supérieur au Moyen-Orient, 48 % en Asie du Sud Est, contre seulement 16 % en France », rappelle Claudine Schmck.