D’après le rapport du Cnesco, le niveau de rédaction des élèves de primaire et de collège est en baisse.

Délaissée par des enseignants peu formés, la rédaction est aussi de moins en moins appréciée par les élèves. Résultat : les jeunes français font de plus en plus de fautes et 20 % d’entre eux ne se donnent même plus la peine de rédiger leurs réponses lors des évaluations en CM1. 

Des difficultés en matière d’écriture qui entrainent des répercussions dans toutes les matières. Trois élèves de troisième sur cinq ne savent pas rédiger de texte cohérent en histoire-géographie. En sciences, 20 % des questions ouvertes restent sans réponse alors que seules 3 % le sont dans les QCM.

Dans son rapport publié mercredi 11 avril, le Cnesco (conseil national d’évaluation du système scolaire) préconise donc de remettre l’écriture au centre de l’apprentissage.

L’écriture avant la lecture

En effet, les élèves consacrent deux fois plus de temps à la lecture qu’à l’écriture. En moyenne, les élèves de CP passent 4h11 à lire contre 2h23 à écrire. « La lecture est encore souvent considérée comme un préalable à l’écriture alors que les recherches montrent qu’une première approche de l’écriture permet un meilleur apprentissage de la lecture », peut-on lire dans le rapport.

Remettre la rédaction au cœur de l’apprentissage serait donc un premier pas non-négligeable pour améliorer le niveau scolaire. Les auteurs du rapport recommandent également de sensibiliser les élèves à la variété des textes (roman, poésie, théâtre…). Ils encouragent les travaux de groupes, essentiels pour développer sa curiosité et sa créativité. 

Le numérique comme support

Autre constat : si les élèves rechignent à écrire à l’école, ils sont tout de même nombreux à écrire au quotidien à travers les réseaux sociaux. Lors d’un exercice de rédaction, 40 % des élèves de troisième ne rédigent pas ou peu. Alors que les 12-17 ans envoient en moyenne 381 sms par semaine et 77 % d’entre eux écrivent sur les réseaux sociaux. Une nouvelle pratique qui peut servir de support pour l’enseignement, notamment lors de la production de blogs.

Le numérique doit donc être un nouvel outil pédagogique pour les enseignants. Utiliser des applications pour reconnaitre les mots en primaire, se familiariser avec le clavier, se servir du traitement de texte… Toutes ces outils permettent un apprentissage ludique de l’écriture, à condition de continuer à écrire à la main. 

Des professeurs mieux formés

Pourtant, seulement 5 % des enseignants utilise le numérique car ils estiment ne pas être assez formés. Ce manque de connaissance est un véritable frein pour les professeurs. La moitié d’entre eux n’ont pas été assez formés à l’enseignement de la langue française et 40 % déclarent ne jamais avoir reçu de formation.

Dans une note rédigée par le ministre de l’Education nationale, que s’est procuré le Café Pédagogique, Jean-Michel Blanquer donne des directives sur la manière d’enseigner. Il met notamment en avant l’apprentissage de la grammaire et du vocabulaire « pour connaître le sens et l’orthographe des mots ». Il prévoit aussi le nombre de livres à lire chaque année de la primaire au collège. Le Café Pédagogique déplore cependant l’absence de consignes concernant l’écriture.