Le Covid-19 (nouveau Coronavirus), apparu dans la ville de Wuhan en Chine au mois de décembre dernier, s'étend par delà le monde et inquiète chaque jour un peu plus.

Pour consulter toutes les recommandations et consignes du Gouvernement

A l'heure actuelle, 80 000 cas de ce type de pneumonie virale, qui peut-être mortelle, ont été recensés a l'échelle mondiale. De nombreux pays sont touchés ; Chine, Corée, Iran, Afghanistan, mais aussi Italie, Espagne, Sri Lanka, Philippines ...

L'OMS a déclaré qu'il fallait s'attendre à une pandémie mondiale. 

Alors, face à l'inquiétude grandissante depuis plusieurs semaines, les écoles et établissements d'enseignement supérieur français ont pris des dispositions visant à assurer la sécurité de leurs étudiants et de leurs personnels, et notamment de ceux qui résident à l'étranger.
 

Des directives pour l'enseignement supérieur

Alors que la Chine accueille chaque année plusieurs milliers d'étudiants français, le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche a notamment annoncé par la voie d'un communiqué ses consignes et recommande à ses établissements, universités et écoles de :

Reporter tout départ d’étudiants, de chercheurs, d’enseignants-chercheurs, de personnel administratif, vers la Chine qui ne revêt pas un caractère essentiel

• Recommander aux étudiants, chercheurs, enseignants-chercheurs et personnels en mobilité en Chine d’envisager d’interrompre temporairement leur séjour en attendant l’amélioration des conditions locales.

Reporter tout départ vers l’Italie du nord compte tenu des restrictions mises en place localement (Lombardie et Vénétie).

Reconsidérer la pertinence d’un voyage dans les zones d’exposition.

Différer de 14 jours, période correspondant à la période d’incubation du virus, l’accueil des étudiants, chercheurs, enseignants-chercheurs et personnels revenant des zones d’exposition (Chine continentale, Hong-Kong, Macao, Singapour, Corée du Sud et régions de Lombardie et de Vénétie en Italie) dans les lieux collectifs.

Des risques liés à la maladie, mais pas que

Philippe Alloncle, haut fonctionnaire adjoint de défense et de sécurité, a évoqué les dispositions à prendre concernant les résidences universitaires en France, et les risques qui y sont liés : « Concernant spécifiquement l’accueil des étudiants revenant des zones d’exposition dans les CROUS , il est conseillé de différer l’accueil compte tenu du caractère évolutif de la situation. À défaut, il convient de privilégier pendant 14 jours un accueil dans une zone dédiée de la structure, avec port du masque chirurgical lorsqu’il y a un contact avec une autre personne ou une sortie. La restriction des accès aux zones collectives comprend le restaurant universitaire. ».

Il a également abordé un autre point sensible lié au virus ; celui de la ségrégation, qui dans ce contexte,  au sein même des établissements et des campus.

« Enfin, la prise en charge de la problématique Covid-19 ne se résumant pas, dans le périmètre du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de l'Innovation, à une prise en charge sanitaire, il convient notamment d’apporter une attention particulière aux actes xénophobes qui pourraient être liés à la situation. Les référents racismes doivent s’engager en ce sens et mettre en œuvre les mesures qu’ils jugeraient utiles. »

L'association de lutte contre les discriminations SOS Racisme lance d'ailleurs une nouvelle campagne de lutte contre le racisme anti-asiatiques, suite à 
 

Pas d'école pour les élèves qui rentrent de vacances à l'étranger

Les établissements scolaires ont reçu un courrier émanant des rectorats, exigeant expressement des établissements qu'ils communiquent auprès des parents d'élèves, afin d'interdire à ces derniers de se présenter en classe, par mesure de précaution.

Les élèves qui rentrent de vacances en Chine, à Macao, Singapour, en Corée du sud ou en Italie du Nord sont donc priés de rester chez eux pendant quatorze jours, l'équivalent de la période d'incubation du Coronavirus.

Ces mesures concernent l'ensemble du territoire français.
 

A chaque école ses mesures

Certaines grandes écoles et universités ont fortement recommandé, voire exigé, le rapatriement de leurs étudiants et membres du personnel établis à l'étranger.

Voici le récapitulatif de la gestion des écoles ayant communiqué sur leurs dispositifs :

  • L'université de Nanterre a demandé à rapatrier tous ses étudiants, quelles que soient les provinces où ils séjournent.
     
  • Toulouse Business School a annulé le départ d'une dizaine d'étudiants pour des villes chinoises en février et mars, d''autant que l'école a noué des partenariats avec 13 universités chinoises.
     
  • IMT Mines d'Albi a reporté tous les échanges académiques et les stages d'élèves prévus en Chine. L'école a conclu onze accords académiques avec des établissements chinois.
     
  • L'université de Toulouse-Jean Jaurès a suspendu jusqu'à nouvel ordre tout départ vers la Chine. L'établissement demande à toute personne ayant séjourné en Chine depuis le début des vacances de fin d’année de se signaler au Fonctionnaire de Sécurité Défense de l'établissement. 
     
  • L’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a mis en place un «suivi spécifique pour les étudiants en mobilité en Chine dans le cadre d’un échange ou d’un stage». Ils ont tous été recencés et sont «en contact permanent» avec l’établissement.
     
  • Skema incite les étudiants et personnels français à revenir. La majeure partie des centaines d'étudiants sur place est d'ores et déjà rentrée. Exceptionnellement, ils ont la possibilité de passer leur second semestre en France. L'école a également précisé que les étudiants et personnels toujours en Chine doivent suivre les recommandations des universités locales et des entreprises.
     
  • A l’EM Lyon, les cours ont repris lundi 24 février. Tous les déplacements, évènements et semestres prévus en Chine sur le premier semestre 2020 sont annulés.
     
  • A Kedge, la direction recommande de suivre les recommandations du ministère de la Santé et du consulat. Même cas de figure pour Mines ParisTech, la Sorbonne Université.
     
  • Centrale Supélec, les étudiants qui se trouvent toujours sur le sol Chinois sont invités à prendre toutes les précautions : éviter tout contact avec des animaux vivants ou morts, éviter de consommer des produits d’animaux peu ou mal cuits ou encore éviter tout contact rapproché avec des personnes souffrant d’infection respiratoire aiguë. L'école suspend tous les échanges avec la Chine jusqu'à nouvel ordre, et les étudiants qui devaient passer un semestre en Chine sont en train de changer de projet.
     
  • Du côté de Polytechnique, en plus d'une cellule de crise, la direction envisage un soutien psychologique, tout comme à HEC Paris. Depuis fin janvier, l’école de Jouy-en-Josas dispose d'une cellule de suivi, dont le but est de veiller à l’évolution de la situation. Les étudiants et le personnel susceptibles d’avoir voyagé dans les zones à risques ont été appelés à «respecter strictement les directives nationales».
     
  • Sciences Po Paris a mis en place une adresse mail permettant aux élèves et enseignants ayant voyagé en Chine ou ayant été en contact avec des personnes y ayant voyagé de se signaler. Les personnes ayant séjourné dans la province du Hubei, où se trouve notamment Wuhan,le  foyer de l’épidémie, «font l’objet respectivement de dispense scolaire ou de suspension des enseignements pour une durée de 14 jours».
     
  • Les étudiants de l'ESSEC ayant voyagé en Chine ces dernières semaines sont dispensés de cours pendant deux semaines.
     
  •  Idem pour Audencia, dont les étudiants français et chinois «ont été informés des précautions à prendre à leur retour», explique l’école de commerce. Plusieurs solutions ont été proposées aux étudiants via leur portail intranet étudiant dont «l’organisation d’un semestre accéléré à Shenzhen, probablement entre avril et juin 2020», la «participation à une summer school internationale» de mi-mai à fin juillet au Royaume-Uni, aux États-Unis ou en Colombie, ou encore le «report du semestre international au printemps 2021».
     
  • L'Université de Lille indiquait dans un mail interne, fin janvier, qu’elle suspendait les mobilités étudiantes avec la région autour de Wuhan, épicentre de l'épidémie, jusqu'à nouvel ordre.
     
  • L'Université d’Artois a indiqué avoir rapatrié trois étudiants fin janvier mais n'a pas communiqué davantage sur de potentielles nouvelles dispositions.

Par ailleurs, l'Université de Tours et l'Université de la Rochelle suspendent leurs mobilités avec la Chine.

Enfin, en janvier, l'Université Paul Valéry Montpellier a indiqué avoir proposé à ses 12 étudiants en mobilité en Chine de mettre en place leur retour vers la France, ce qu’ils ont refusé.
 

La Chine, un pays plébiscité par les étudiants

En 2018, on dénombrait 500 000 étudiants étrangers sur le sol chinois, dont 10 600 Français.

La Chine se classe cinquième dans le classement des pays qui attirent le plus grand nombre d'étudiants internationaux (après les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et le Canada).

Une telle attractivité s'explique par le bas coût des frais de scolarité, qui s'élèvent à 1500 ou 2000 euros l'année en moyenne, contre plusieurs dizaines de milliers d'euros pour certaines universités anglo-saxonnes, couplés à un enseignement de qualité.