Une tour grise au sud de Londres. A l'intérieur, des murs hauts et blancs, tapissés d'œuvres contemporaines et bigarrées. Bienvenue au London College of Communication, quartier général londonien de MediaSchool group. Deux écoles du groupe, spécialisées en communication et journalisme, accueillent depuis deux ans des étudiants français, qui ont cette année accès à de nouvelles formations !

"Nous avions comme logique de créer des écoles en lien avec les médias. Nous nous positionnons ainsi dans la communication, le journalisme et le web, et nous sommes le seul groupe français dans ce cas", annonce d'emblée Franck Papazian, président de MediaSchool group.

Un groupe qui a bien compris, également, que la seule langue de Molière n'était plus un bagage suffisant pour les jeunes, et qui a donc décidé de s'implanter en 2011 à Londres. Et ce, dans une tour vertigineuse qui accueille les étudiants de l'école de communication ECS (European Communication School) et de journalisme IEJ (Institut Européen de Journalisme). Et pour cause : les deux écoles sont intégrées à l'immense université du London College of Communication (LCC), basée dans un quartier en pleine restructuration actuellement, situé au sud de la ville, proche du cœur.

Une volonté d'internationalisation

"On voulait permettre aux étudiants français qui ne sont pas aguerris en anglais de progresser", met notamment en avant Franck Papazian. Les conditions d'entrée à l'ECS et à l'IEJ sont ainsi assez "souples" : il ne faut que 6 au test d'anglais IELTS, et parfois 5,5 suffisent, alors que le niveau requis est de 7 pour les établissements britanniques.

"Pour les élèves qui sont 'perdus', nous proposons deux semaines d'anglais à la mi-septembre, juste avant la rentrée. Pour nos étudiants, ce stage est gratuit", précise Anne Pflimlin, la directrice de la communication et du développement international. "Il n'est pas question de les faire travailler en français : la pratique est vitale. Les cours sont en anglais, et il leur faut du temps pour s'adapter. J'ai ainsi demandé à mes étudiants, en début d'année, le degré de compréhension : au début, il était de 70 % environ...", ajoute-t-elle. Aujourd'hui, la compréhension est totale !

De plus, les étudiants sont parfaitement intégrés à l'université : cafétéria, bibliothèque, conférences,... "Nos étudiants participent vraiment à la vie de l'école. Nous avons ainsi quatre de nos garçons dans l'équipe de rugby", se félicite Anne Pflimlin. Pourtant, cette cohabitation n'est pas l'ambition première de l'école. "Bien sûr, nous nous entendons bien avec l'université. Mais nous aimerions avoir nos propres locaux, ici, à Londres...", confie la responsable.

L'ECS propose un cursus enfin complet

"Notre stratégie est relativement claire : elle consiste à s'ancrer à Londres. Nous allons ainsi avoir un cursus complet pour l'ECS. Et, à terme, nous souhaitons accueillir des étudiants nationaux", explique Franck Papazian. En effet, cette année, l'European Communication School a achevé son installation intégrale. Il propose ainsi un bachelor en 3 ans, ainsi que des masters 1 spécialisés.

Nouveau et inédit, l'école propose un master 1 en Creative Communication 365, un cursus qui n'existe dans aucune autre implantation du groupe. La direction a mûrement réfléchi ce parti-pris : la création "pure" n'était pas l'objectif initial de l'ECS. Mais Londres est la ville de la créativité,et  ce master permet aux étudiants d'acquérir une emprunte "locale".

Ils pourront ainsi enchaîner cette formation par un master 2 PR (Public relations) et événementiel. L'objectif affirmé est d'inculquer les bases de la création d'événements ainsi que ses réalités. "Bien souvent, les jeunes sont enthousiastes à l'idée d'organiser un événement. Il faut alors leur parler budget, limites,...", précise Anne Pflimlin.

L'IEJ est tournée vers la polyvalence

De son côté, l'IEJ va ouvrir un nouveau "mastère 1". L'école de journalisme va désormais proposer un diplôme journalisme web 2.0, qui s'ajoutera au "mastere Journalisme PR and Medias". "On veut permettre à nos étudiants d'être capables de devenir des journalistes web en anglais", expose la directrice.

Pour intégrer ce cursus, il faut suivre à Paris ou Marseille une troisième année pluri-média. L'objectif est d'étudier la presse anglo-saxonne pour pouvoir, à terme, y travailler. L'éthique, les lois ne sont en effet pas les mêmes qu'en France. Les cours, enseignés par des journalistes ayant travaillé à la BBC notamment, ne se focaliseront donc pas uniquement sur les techniques journalistiques : ils aborderont également le management dans l'impression de médias digitaux, la communication digitale, l'audiovisuel,... Cette formation a ainsi pour ambition de former des journalistes polyvalents et ouverts sur les nouvelles techniques de communication.

La professionnalisation, un avantage qui a un coût

"Ce sont des spécialisations et des expériences professionnelles que l'on met au service des étudiants", poursuit Franck Papazian. Et les intervenants savent de quoi ils parlent, puisque seulement un quart des professeurs sont enseignants à la London College of Communication : les autres sont issus du monde professionnel.

Seul bémol : pour intégrer ces cursus, il faut en avoir les moyens... Les frais de scolarité s'élèvent à 7 200 £ (8 410 €) par an pour les deux écoles. Des frais cependant moins élevés que ceux demandés par la LCC, qui s'élèvent à 9000 £ (10 510 €) par an. Mais il faut également tenir compte du coût de la vie londonienne et prévoir un budget de 800 à 1 000 £ par mois (de 935 à 1 170 €), selon le groupe.

A noter au passage que, pour le logement, les étudiants sont prioritaires à la résidence universitaire qui coûte tout de même 170 £ (200 €) par semaine, et il existe également des listes de suggestions de collocations, de studios,... Enfin, les stages sont possibles mais non rémunérés en Angleterre, et l'alternance n'est pas monnaie courante !