Le réseau E2C permet aux jeunes en situation de décrochage de se réinsérer en trouvant une formation ou un emploi.

Les Ecoles de la 2e Chance (E2C) ont accueilli et accompagné 14 338 jeunes en 2016. Parmi eux, 62 % ont trouvé un emploi ou une formation à l’issue de leur parcours, dont 55 % immédiatement à la sortie des E2C. 

« A 20 ans, même si on n’a pas de qualification, on a des compétences »

« Chaque année, près de 100 000 jeunes sortent du système scolaire sans diplôme ni qualification et se retrouvent confrontés à la difficulté de rentrer dans le monde du travail », observe Alexandre Schajer, président du réseau E2C France. Le rôle des E2C est de permettre à ces décrocheurs de se réinsérer dans le monde du travail ou des études

« A vingt ans, même si on n’a pas de qualification, on a des compétences », estime Alexandre Schajer, dont le réseau aide ces jeunes à « voir comment leurs compétences informelles peuvent devenir des compétences formelles de métier ». Les E2C accueillent donc une petite partie des décrocheurs, dont un tiers (32 %) est issu des quartiers prioritaires. Les effectifs comptent également 10 % de ruraux, 12 % d’extra-européens et 4 % de travailleurs handicapés. « Nous accueillons aussi des prisonniers ou des migrants en réinsertion », complète Alexandre Schajer. Très jeunes, (l’âge moyen est de 20,3 ans), leur parité est parfaitement respectée : 50 % de femmes et 50 % d’hommes. 

La moitié du parcours en entreprise

« Nos pourvoyeurs principaux sont les structures d’orientation », précise le président du réseau. Comprendre : les missions locales (67 % des recrutements) et Pôle emploi (6 %). Malgré tout, les candidatures spontanées restent nombreuses (22 %) et sont surtout dues au bouche-à-oreille.

S’ils restent assez peu de temps (6,5 mois en moyenne), leur programme est intense, avec 50 % du temps passé dans des entreprises locales, afin de « tester leurs compétences ». Au sein de l’établissement, l’apprentissage est consacré aux fondamentaux (français, mathématiques, informatiques), ainsi qu’au développement de « compétences utiles à l’insertion » : habilité sociales, citoyenneté et premiers gestes professionnels. 

6 jeunes sur 10 trouvent une formation ou un emploi

Suite à ce parcours, 55 % des jeunes ont fait une sortie positive en 2016, « c’est-à-dire qu’ils ont trouvé un emploi ou une formation », précise Alexandre Schajer. Et grâce à un suivi personnalisé, ce taux de réussite monte à 62 % un an après la sortie des E2C. « L’objectif de 60 % est atteint », se félicite le président. Une autre lecture peut estimer à 38 %, le taux d’échec, mais Alexandre Schajer relativise : « Le reste est difficile à suivre, ce qui ne veut pas dire qu’ils sont perdus, même si nous n’avons pas un résultat de 100 %. » 

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Les E2C ont été pensées en 1995 par Edith Cresson, alors commissaire européenne à l’éducation. La première école française a été ouverte en 1997, à Marseille, et le réseau compte aujourd’hui 116 sites. En 2016, 14 338 jeunes ont ainsi franchi les portes des écoles de la 2e chance. Une fréquentation en légère baisse par rapport à 2015 (14 575), qui concluait une décennie de très forte progression (entre 2 000 et 3 000 jeunes étaient accueillis en 2006). Malgré tout, les E2C prévoient d’accueillir 15 600 jeunes en 2017, notamment grâce à l’ouverture de 7 nouveaux sites.