Les trois écoles d'ingénieurs, qui font partie du giron de l'Université Catholique de Lille, vont former une "association unique d'établissements autonomes" au sein du groupe HEI-ISA-ISEN. Un diplôme commun va d'ailleurs être lancé dès la rentrée, avec un master international High Technologies & Innovation Design.

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Pascal Codron, Jean-Marc Idoux et François Dumoulin, lors de la présentation du groupe HEI-ISA-ISEN

On s'était habitués à voir, ces derniers temps, des rapprochements du côté des établissements de management, mais voilà que les écoles d'ingénieurs entrent également dans le mouvement. En effet, comme Orientations vous l'a dévoilé en exclusivité, les écoles d'ingénieurs HEI (Hautes-Etudes d'Ingénieur), ISA (Institut Supérieur d'Agriculture) et ISEN Lille (Institut Supérieur de l'Electronique et du Numérique) vont bel et bien fusionner dès la prochaine rentrée, et donner naissance à un nouveau groupe baptisé "HEI-ISA-ISEN".

"C'est une fusion sur le plan juridique, mais nous préférons parler d'une association unique d'établissements autonomes, les trois écoles conservant leur indépendance, leur autonomie, leurs marques et leurs spécificités", rectifie Jean-Marc Idoux, jusqu'alors directeur d'HEI et qui va prendre la tête du comité exécutif de la nouvelle structure. "Nous ne sommes pas dans un rapprochement défensif comme d'autres, mais dans un rapprochement offensif, au service de l'innovation pédagogique et de la recherche", ajoute-t-il.

"L'innovation est au cœur de l'ensemble de notre projet"

Interrogé sur le choix de cette nomination, Jean-Marc Idoux répond que les dirigeants ont "fait un choix simple : nous sommes une organisation plus globale, mais nous conservons nos marques. Nous n'avons pas la volonté de toucher à ce qui fait notre richesse, à savoir notamment nos diplômes et nos marques."

"Il s'agit d'un projet qui a bien muri, sur lequel nous travaillons depuis quatre ans désormais, car nous avions besoin de temps pour le monter progressivement. L'innovation est au cœur de l'ensemble de notre projet au service des entreprises", ajoute-t-il. Ainsi, notamment au cours de leur cinquième année, les étudiants seront regroupés par groupe de 5-6 et porteront "de vrais projets d'innovation d'entreprises, accompagnés par une équipe d'experts et d'enseignants". La nouvelle structure annonce ainsi la réalisation de 110 projets par an, effectués par plus de 600 étudiants.

"L'un des tout premiers pôles européens d'enseignement supérieur"

Car le Groupe HEI-ISA-ISEN regroupera, dès la prochaine rentrée, 3 750 étudiants et apprentis en tout, quelque 24 500 diplômés, 3 diplômes d'ingénieurs, le tout pour un budget conséquent de 45 millions d'euros. "Ce sera l'un des tout premiers pôles européens d'enseignement supérieur, et nous n'avons pas encore vu plus grand en Europe", se félicite à ce propos Jean-Marc Idoux.

Concrètement, cette fusion a plusieurs objectifs. Les trois écoles d'ingénieurs entendent, tout d'abord, former des nouveaux profils d'ingénieurs, "pluridisciplinaires" et "globaux". Elles veulent également faire évoluer leur corps professoral, et faire émerger des projets d'innovation. Surtout, elles souhaitent davantage attirer les étudiants étrangers, grâce à une visibilité renforcée. "Nous voulons être beaucoup plus accueillants du point de vue international. Et nous pensons justement que le fait d'être associé et de présenter cette transdisciplinarité vont être des facteurs favorables dans l'accueil d'étudiants étrangers", explique Pascal Codron, directeur général du Groupe ISA.

Lancement d'un master international HTID

Ainsi, indépendamment des programmes de formation d'ingénieur, qui demeurent pour les trois écoles d'ingénieurs, plusieurs nouveaux cursus vont être lancés dès la rentrée de septembre. A commencer par un master international HTID (High Technologies & Innovation Design), qui donnera accès aux métiers de l'innovation technologique, du développement de nouveaux produits et services et de la recherche. Ce cursus, intégralement en anglais, alliera une expertise scientifique et technique dans un domaine des savoirs en management, de l'innovation, marketing et design.

Un master en énergie habitat et développement est également en cours de préparation. "Pour nous, cette fusion est en effet l'occasion de proposer une offre de masters beaucoup plus large et, peut-être, pour des publics différents", indique Jean-Marc Idoux.

La mise en place de passerelles entre les formations

Une thématique transdisciplinaire de recherche va également être lancée autour de la chimie verte. "Car, si nous regroupons toutes nos compétences en la matière, nous pouvons faire tout le tour de la chaîne de la chimie verte, de la sélection végétale à la sélection de produits", justifie Pascal Codron. Des passerelles entre les formations seront aussi concrétisées sous la forme des ADICODE (ex-atelier de l'innovation et de co-design), avec une approche de pédagogie par projets d'innovation.

A noter enfin que "ce regroupement ne remet pas en cause nos autre alliances", précise François Dumoulin, le directeur général du Groupe ISEN (Brest, Fès, Lille, Toulon). "L'ISEN Lille est seulement concerné par cette fusion, mais l'ISEN Brest et l'ISEN Toulon pourraient très bien nous rejoindre. Car rien est fermé", tient-il à ajouter...

Le groupe HEI ISA ISEN en chiffres

  • 3750 étudiants et apprentis
  • 24 500 diplômés
  • 3 diplômés d'ingénieur, 1 licence, 2 licences professionnelles, 2 masters, 2 mastères
  • 395 salariés permanents
  • 23 laboratoires de recherche (dont 3 avec le CNRS)
  • 282 universités partenaires
  • 45 000 000 euros de budget