Doctorat n’est plus synonyme de recherche publique. Cette voie royale est de plus en plus délaissée par les diplômés de bac+8.

Les carrières des jeunes doctorants sont en pleine évolution. Selon une étude du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq), les docteurs délaissent de plus en plus le parcours classique. « 39 % des docteurs diplômés en 2010 s’engagent dès leur entrée sur le marché du travail dans des carrières en dehors de la recherche publique », informe l’étude.

Près de 4 doctorants sur 10 travaillent dans le privé

La recherche publique reste tout de même le parcours le plus généralisé par choisi par les docteurs : en juillet 2015 31 % des diplômés de 2010 travaillent en CDI dans ce secteur, et 11 % en CDD. Si 12 % travaillent également dans le public, mais en dehors de la recherche, le privé concentre 37 % de la génération 2010 : 19 % dans la recherche et développement et 18 % en dehors. 

A noter que cinq ans après leur diplôme, 9 % des doctorants sont sans emploi. Une situation assez bonne, mais qui dépend des spécialités : le chômage atteint 12 % en Sciences de la vie et de la terre (SVT), 9 % lettres et sciences humaines, 6 % en droit, économie, gestion et sciences sociales, et seulement 4 % en mathématiques, physique, chimie, informatique et sciences de l’ingénieur.

« Employés en dessous de leur compétence »

Cet attrait pour le secteur privé s’explique d’une part pour une rémunération souvent plus attractive, mais également car les emplois privés « peuvent constituer une voie de repli pour ceux qui ont connu des trajectoires difficiles sur le marché du travail, le non-emploi ou l’instabilité dans la recherche publique ». 

Malgré tout, les docteurs employés dans le privé se disent souvent « employés en dessous de leur compétence, ce qui interroge sur leur place dans les organisations et plus spécifiquement dans les entreprises ».

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