Avant l’annonce de la composition de son nouveau gouvernement, Emmanuel Macron s’était engagé à respsecter certaines conditions en matière de parité, d'équité, d'âge et de diversité des cursus. Cette dernière promesse a-t-elle été tenue ? Tour d’horizon des études suivies par les membres du gouvernement Philippe.

C’est une composition gouvernementale inédite. Pour la première fois,  seuls trois membres du gouvernement sont issus de l’école nationale d’administration (ENA). Parmi ces trois énarques, le Premier ministre Edouard Philippe qui, une fois son diplôme en poche, rentre au conseil d’Etat en 1997. Sylvie Goulard et Bruno Le Maire figurent également parmi les anciens élèves de la célèbre école dont est issue une grande part de la classe politique française.

Ce trio d’énarques est parallèlement diplômé de Sciences Po Paris. Jean-Michel Blanquer, le successeur de Najat Vallaud Belkacem à l’Education nationale, ainsi que Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat au numérique sont aussi passés par l'IEP à Sciences Po Paris. Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics est, lui, issu de l’IEP de Lille.

Trois femmes pour trois grandes écoles

Les grandes écoles ne sont pas fortement représentées au sein du premier gouvernement d’Emmanuel Macron. En l’occurrence, seules trois ministres féminines en sont issues. Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports, s’illustre comme l’unique ingénieure de l’équipe gouvernementale par le biais de ses études à l’Ecole polytechnique. La nouvelle ministre du Travail, Muriel Pénicaud a, quant à elle, suivi une formation au sein d’une école de management (INSEAD). La secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel est aussi une ancienne élève d’école de commerce, Kedge Business School.

Un gouvernement majoritairement formé à l’université

Au total, ce sont treize ministres qui sont issus de l’université au sein du gouvernement d’Edouard Philippe. Lettres, philosophie, droit, communication, urbanisme ou encore biochimie, une certaine diversité est à souligner parmi leurs cursus universitaires.

Bien qu’étant des habitués du monde politique, les ministres de premier plan tels que Gérard Collomb, Jean-Yves Le Drian ou encore François Bayrou ont tous suivi une formation de lettres (khâgne et/ou hypokhâgne).

Toutefois, beaucoup de ministres diplômés de l’université incarnent le renouvellement tant promis par le nouveau chef d’Etat. Agnès Buzyn, Françoise Nyssen ou encore Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, sont respectivement diplômées en médecine, en urbanisme et en biochimie. Les trois femmes s'imposent comme de véritables néophytes de la politique.

Des ministres formés par leur parcours atypique

D’autres ministres, à l’instar de Nicolas Hulot, Marielle De Sarnez ou Laura Flessel semblent avoir convaincu Emmanuel Macron par leurs compétences et leur parcours, sans pour autant être titulaires d’un diplôme du supérieur.

Après avoir abandonné des études de médecine à Paris VI, Nicolas Hulot a enchaîné les petits boulots avant de débuter une carrière de photojournaliste à l’agence de presse SIPA. A partir de 1987, il présente l’émission télévisée Ushuaïa, le magazine de l’extrême grâce auquel il devient l’une des figures emblématiques de la sauvegarde de l’environnement en France. Un statut qui l’a conduit aujourd’hui à succéder à Ségolène Royal au ministère de la Transition écologique.

Une championne olympique comme ministre 

En nommant la championne olympique, Laura Flessel, ministre des Sports, Emmanuel Macron et Edouard Philippe affichent là aussi leur volonté de miser sur des personnalités aux parcours atypiques mais aux compétences solides dans leur domaine. L’escrimeuse n’a jamais vraiment trouvé la formation qui lui convient et a évolué au sein l’institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP) jusqu’à devenir championne dans sa discipline.