Les diplômés des grandes écoles de commerce et d'ingénieurs sont de plus en plus attirés par des postes à l'étranger. Des attraits qui se traduisent bien souvent par des salaires plus conséquents en-dehors des frontières de l'Hexagone.

Alors que les jeunes diplômés parviennent toujours à bien s'insérer malgré la crise, ils sont néanmoins victimes de disparités salariales en fonction de leur localisation. L'enquête de la Conférence des Grandes Ecoles, réalisée en 2013 sur la promotion 2012, montre en effet que les jeunes issus de grandes écoles de commerce et d'ingénieurs trouvent un poste en région parisienne pour 42 % d'entre eux. Ils sont également fortement présents en province (41 %). Mais 17 % des jeunes diplômés choisissent l'étranger pour leur premier poste. Une proportion qui atteint même 25 % chez les jeunes managers !

Un attrait croissant pour l'étranger

La part des emplois à l'étranger a tendance à s'accroître : elle est passée de 10 % à 12 % chez les ingénieurs, et de 18 % à 23 % chez les managers. En 2012, 12,7 % de l'ensemble des jeunes diplômés choisissaient l'étranger ; ils sont 15,7 % un an plus tard.

Parmi les pays privilégiés par les jeunes diplômés, le Royaume-Uni figure en tête avec 14,9 % des jeunes, suivi par la Suisse (12 %) et l'Allemagne (11,1 %). Avec le Luxembourg, en 4e position, cela représente 45 % de l'effectif total de ceux qui choisissent de travailler en-dehors des frontières. Ces pays précèdent les Etats-Unis, la Chine, la Belgique, le Maroc,...

Certains pays gagnent même beaucoup en attractivité, comme l'Empire du Milieu. La Chine est ainsi passée de 4,5 % à 6,8 %, en un an. Les Etats-Unis ne sont pas en reste, attirant 7,2 % des jeunes diplômés en 2013, contre 5,5 % un an plus tôt. Le rapport indique par ailleurs que "la proportion des diplômés français commençant leur carrière à l'étranger est en forte croissance". Une expérience à l'étranger est en effet du meilleur effet sur un CV, mais...

Des salaires plus conséquents

Il est vrai que les salaires sont plus conséquents à l'étranger qu'en France. En moyenne, les jeunes diplômés de la promo 2012 touchaient à l'étranger 40 307 euros par an, hors primes et avantages. Ceux d'Ile-de-France percevaient 34 485 euros, pendant que ceux de province touchaient 30 916 euros. L'écart est encore plus spectaculaire quand on ajoute les primes et les avantages : 45 610 euros annuels à l'étranger, 37 340 euros en Île-de-France, et 33 374 euros en Province...

Autre constat : plus l'expérience est grande, plus les écarts se creusent. Les jeunes diplômés de 2011 travaillant à l'étranger perçoivent 49 110 euros, avec primes et avantages. Les jeunes diplômés travaillant en Ile-de-France perçoivent, eux, 39 464 euros, et ceux de province, 34 593 euros - un salaire qui n'atteint même pas celui de la promo 2012 travaillant à l'étranger en 2013 ! Les écarts entre jeunes diplômés sont donc bien réels, et vont au-delà des inégalités hommes-femmes...