Le gouvernement a publié, aujourd'hui, une note expliquant le fonctionnement d'APB. Si l'algorithme réclamé par Droits des lycéens n'a pas été rendu public, les documents du ministère font état d'une sélection parfois aléatoire dans des formations pourtant non sélective.

Sous la pression d'une association lycéenne, le gouvernement a fini par céder. Le ministère de l'éducation nationale a envoyé, ce 1er juin, un communiqué de presse contenant les critères de classement de la plateforme Admission PostBac.

Pas de surprise

Pour ne pas mettre de pression supplémentaire aux lycéens et à leurs parents, le ministère a attendu le 1er juin, soit le lendemain de la date finale de classement des vœux, pour rendre public le fonctionnement d'APB. A première vue, le document ne dévoile aucune surprise ni scandale. Aucun « critère tenu secret » ou « illégal », comme le soupçonnait l'association Droits des lycéens. En revanche, il montre bien qu'APB organise une sélection, voire un tirage au sort des étudiants dans des filières pourtant non sélectives. 

D'autre part, le gouvernement n'a pas entièrement répondu à l'appel de l'association, qui souhaitait que l'algorithme de la plateforme, soit un code informatique, soit rendu public. Or, il n'a fait qu'en expliquer le fonctionnement, simple dans certains cas et compliqué dans d'autres. 

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Critères de sélection automatique

Pour les formations sélectives, les dossiers sont analysés directement par les établissements concernés. Et pour les formations sans limite de capacité d'accueil, toutes les candidatures sont acceptées. C'est concernant les formations à capacité d'accueil limitée qu'APB se complique. Dans ce cas, sa logique repose ainsi sur un « traitement automatisé », qui s'applique « lorsque le nombre de candidature à une première année de licence ou à la Paces est supérieur à la capacité d'accueil de la formation demandée », explique le communiqué. Un « classement  de l'ensemble des candidats » est alors généré, prenant en compte plusieurs critères. Sont considérés, dans l'ordre : 

1. L'académie 

Si l'académie de passation du bac et/ou l'académie correspondant au lieu de résidence du candidat est la même que celle de l'établissement demandé, alors ce candidat sera classé devant un candidat venant d'une autre académie.

2. Le rang ABSOLU de classement du vœu

Le candidat ayant classé sa licence au rang 1 sera positionné devant celui l'ayant classée au rang 2.

3. Le rang RELATIF de classement du vœu

Un candidat dont une licence apparaît pour la première fois dans son classement au rang 2 sera prioritaire face à un candidat dont la même licence apparaît pour la seconde fois au rang 2 mais a été refusée au rang 1.

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Doit-on calculer ses vœux ?

Les candidatures sont alors réparties par groupe : « même académie - vœu n°1 », « même académie - vœu n°2 », « même académie - vœu n°3 », « autre académie - vœu n°1 », « autre académie - vœu n°2 », etc... Et dans chacun de ces groupes, un tirage au sort est effectué pour établir un classement aléatoire. Dans les faits, le tirage au sort a concerné 188 formations en 2015. 7 000 candidats (sur 600 000 bacheliers ayant utilisé APB) avaient alors dit adieu à leur vœu n°1 sur un critère purement aléatoire. 

Ces révélations, même sans être surprenantes, soulèvent toutefois un problème. Alors qu'il est conseillé aux lycéens de classer leurs vœux selon leurs préférences, il s'avère plus prudent de prendre en compte les méthodes de calcul d'APB. Ainsi, un élève dont le 2e choix serait Paces a tout intérêt à le placer en haut de sa liste, compromettant ainsi ses chances d'être sélectionné dans sa formation préférée. Car s'il classait réellement ses vœux selon ses préférences et que sa première candidature n'était pas retenue, alors ses chances d'être reçu à Paces en deuxième choix seraient infimes. 

En définitive, les documents publiés par le ministère n'apportent pas vraiment d'éléments nouveaux au mystère APB. Mais ils pourraient au contraire contribuer à renforcer la méfiance déjà adressé à ce système.