A quelques jours de la rentrée universitaire, 3 000 jeunes sont encore sans affectation via APB. Parmi eux, une grande majorité de bacheliers professionnels, dont l’accès et la réussite dans le supérieur commencent à inquiéter.

Alors que la rentrée universitaire approche à grands pas, la situation de nombreux bacheliers reste floue. Selon les derniers chiffres donnés par le ministère de l’enseignement supérieur, plus de 3 000 candidats à  APB sont toujours sans affectation pour la rentrée universitaire à venir.

Parmi ces « sans fac », on dénombre seulement 157 bacheliers généraux (issus des filières S, ES et L). L’immense majorité des « victimes » du système APB sont donc issues des filières technologiques et professionnelles. Un problème récurrent qui, alors que les concertations sur l’enseignement supérieur et la nouvelle formule d’APB ont démarré, pose la question de la places des bacheliers professionnels dans l’enseignement supérieur. 

Un bachelier professionnel sur deux veut poursuivre ses études

« Ce sont les laissés pour-compte de l’enseignement supérieur, dénonce Lilâ Le Bas, présidente de l’Unef, auprès de l’AFP. Quand ils veulent continuer en BTS, il n’y a pas assez de places pour eux. A l’université, ils échouent car la fac ne se donne pas les moyens de les faire réussir. »

Créé en 1985, le bac pro a été pensé pour permettre une insertion rapide dans le monde du travail. Dans les faits, de plus en plus de lycéens professionnels souhaitent poursuivre leur apprentissage après le bac, particulièrement en BTS. En 2000, 17 % d’entre eux candidataient dans le supérieur, contre près de la moitié cette année.

6 % de réussite en licence

Ces difficultés d’affectation viennent d’un taux de réussite en berne. S’ils postulent en large majorité dans les BTS, les bacheliers pro en sont souvent recalés en raison de la concurrence avec les bacheliers généraux et technologiques, et se retrouvent à la fac « par défaut ». Or, le système éducatif en licence étant très peu adapté à leur profil, leur taux de réussite n’y est que de 6 %

En BTS, celui-ci monte à 55 %, avec une différence notable entre les formations tertiaires (vente, commerce, gestion…), où les bacheliers pros sont minoritaires, et industrielles, où ils peuvent représenter 80 % d’une classe. 

Toujours pas de quotas dans les formations adaptées

Afin de faciliter l’insertion des bacheliers professionnels dans le supérieur, les syndicats étudiants comme la Fage et l’Unef demandent depuis plusieurs années l’instauration de quotas de bacheliers professionnels en BTS. Le même système est aussi évoqué pour les bacheliers technologiques en DUT. 

Mais alors que la concertation sur l’enseignement supérieur est en cours, les premières idées lancées par Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, de l’innovation et de la recherche risquent de renforcer les inégalités entre les filières générales et professionnelles. 

Promise par Emmanuel Macron dans son programme présidentiel, la mise en place de prérequis à l’université pourrait en effet porter atteinte aux bacheliers professionnels, qui n’y auraient accès qu’à quelques exceptions près. Des remises à niveaux sont toutefois envisagées pour les bacheliers recalés, ainsi que d’autres pistes, comme des licences professionnelles adaptées et en trois ans.

En 2017, 199 233 Français ont passé un bac professionnel, soit 28 % des candidats au bac. Leur nombre n’est donc pas à négliger et leur accès à l’enseignement supérieur doit devenir l’une des priorité de la politique éducative du gouvernement.