Dès la rentrée 2018, le service sanitaire sera obligatoire pour 47 000 étudiants en santé.

Après six mois de discussions et de débats, le service sanitaire a définitivement été adopté le 12 juin 2018. Né du rapport du dermatologue Loïc Vaillant, le service sanitaire consiste à initier les futurs soignants à la prévention. D’une durée de six semaines, la formation est obligatoire pour obtenir son diplôme. Au total, 47 000 étudiants en santé sont concernés dès la rentrée 2018.

Objectif : faire de la prévention

Les ministres de la santé et de l’enseignement supérieur l’ont confirmé : le service sanitaire n’allongera pas la durée des études de santé. Obligatoire pour les étudiants en médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique, kinésithérapie et soins infirmiers, le service sanitaire remplacera « les activités pédagogiques ou les stages existants ». Dès la rentrée 2019, les futurs ergothérapeutes et orthophonistes seront aussi concernés. 

Le but : que les 50 000 étudiants en santé puissent travailler ensemble pour partager leurs compétences et leurs connaissances. Pendant six semaines, durant leur formation, les étudiants recevront à la fois des cours théoriques et pratiques. Ils interviendront également en petits groupes au sein des écoles, des associations ou des entreprises pour transmettre leurs connaissances en matière de prévention et de santé.

Limiter les comportements à risque

Lors du service sanitaire, quatre thèmes principaux seront abordés : l’alimentation, les activités physiques, l’addiction et la santé sexuelle. Des sujets importants car les plus jeunes sont aussi les plus fragiles. Comme le montre une récente étude du Parisien, les comportements à risque chez les moins de 25 ans ne cessent de se multiplier. En France, 340 000 jeunes âgés de 14 à 17 ans auraient déjà consommé de la cocaïne et 255 000 jeunes de 18 à 24 ans en consommeraient toutes les semaines. Parmi les autres addictions : les jeux d’argent. Plus d’un jeune sur dix parie au moins une fois par semaine.

« Le service sanitaire répond aux enjeux de santé publique de promotion des comportements favorables à la santé et contribue à la réduction des inégalités sociales et territoriales en matière de santé », affirment les ministères. Au cours de leurs missions, les étudiants en santé évoqueront aussi les dangers de l’alcool, les problèmes d’obésité et les maladies sexuellement transmissibles. S’ils ne sont pas rémunérés pour cette formation, les élèves recevront néanmoins une indemnité de frais de transport de 130 €, comme l’avait demandée à plusieurs reprises l’Anemf (association nationale des étudiants en médecine de France).