Ce mercredi 29 novembre, une commission spécialisée examine le projet de décret de Jean-Michel Blanquer sur le rétablissement du redoublement.

Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, l’avait envisagé depuis plusieurs mois. Le redoublement devrait faire son retour dès 2018. « Un redoublement peut être décidé par le chef d’établissement », peut-on lire sur le projet de décret. 

En terminale, après une consultation du conseil de classe, le chef d’établissement donnera son avis sur les vœux de poursuite d’études de l’élève. La décision finale sera ensuite prise en accord avec le lycéen, ses parents et les enseignants. Le décret précise que la famille aura toujours la possibilité de faire appel de la décision.

Les enseignants au cœur du système

Il y a trois ans, l’ancienne ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem avait rendu le redoublement exceptionnel. Mais ce système n’a pas convaincu son successeur, Jean-Michel Blanquer. 

Avec le rétablissement du redoublement, l'actuel ministre compte remettre l’équipe pédagogique au cœur du système. « C’est un texte qui réinstaure l’autorité de l’école et de ce point de vue-là, c’est un signal symbolique assez fort, même si dans les faits, ça ne veut absolument pas dire que l’on va avoir une explosion des redoublements », reconnait Rémi Girard, du syndicat national des lycées et collèges.

Anticiper le redoublement

Mais concrètement, qu’est-ce que ce décret va changer ? Pas grand-chose. Depuis 2014, seuls les parents d’élève pouvaient demander un redoublement, à la fin d’un cycle. Le redoublement n’était possible que dans deux cas : lorsque l’élève avait interrompu sa scolarité pendant plusieurs mois, ou lors d’un refus d’orientation.

Le ministre de l’Education nationale propose de mettre en place un dispositif d’aide personnalisée avant d’envisager le redoublement. « Le conseil de classe pourra alerter en cours d’année sur un risque de redoublement. Il proposera alors un accompagnement à l’élève (stage, tutorat…).» 

Si malgré cette prévention, le redoublement est effectif, l’élève bénéficiera d’un accompagnement spécialisé tout au long de l’année, pour l’aider à mieux appréhender sa poursuite d’études.

« Le redoublement doit rester exceptionnel »

Pour autant, Jean-Michel Blanquer insiste sur le caractère exceptionnel du redoublement, qui n’interviendra qu’en cas de difficultés scolaires. « Dans le cas où le dispositif d’accompagnement pédagogique mis en place n’a pas permis de pallier les difficultés importantes d’apprentissage rencontrées par l’élève, un redoublement peut être proposé par le conseil des maîtres », précise le décret.

Selon les syndicats d’enseignants, cette mesure aura peu d’impact. « Ce texte ne va sans doute pas changer grand-chose sur le terrain. On a le sentiment qu’il s’agit surtout de dire aux professeurs qu’on prend en compte leur avis », explique Frédérique Rolet, secrétaire générale du SNES-FSU.

Le 14 décembre, le décret sera présenté au conseil supérieur de l’éducation qui rendra un avis consultatif. Le décret pourrait alors entrer en vigueur dès le début de l’année 2018.