Jeudi 7 juin, les députés ont voté l’interdiction de l’utilisation du téléphone portable dans l’enceinte des écoles primaires et des collèges.

Seuls les lycéens ne sont pas concernés par cette nouvelle mesure. Instaurée une première fois en 2010, la loi sur l’encadrement de l’usage du portable à l’école vient d’être renforcée. Jeudi 7 juin après plusieurs mois de discussion, les députés de La République en Marche, du MoDem et de l’UDI-Agir ont largement voté en faveur de ce nouveau texte interdisant le téléphone portable à l’école et ce, malgré les contestations.

Une promesse d’Emmanuel Macron

En effet, selon le baromètre du numérique 2017, 86 % des 12-17 ans possèdent un portable. Pour une question de santé publique et de pédagogie, le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait pris la décision de l’interdire dans les salles de classe dès 2010. Une mesure insuffisante pour Emmanuel Macron qui, lors de la campagne présidentielle, avait remis le sujet sur la table en affirmant vouloir interdire son usage dans toute l’enceinte des établissements scolaires.

Un an après, c’est chose faite. A partir de la rentrée 2018, les élèves de primaire et de collège n’auront pas le droit d’utiliser leur téléphone en classe, pendant la récréation ou lors des sorties scolaires. 

« Ajouter de la loi à la loi »

Mais si d’un côté le président défend sa loi, l’opposition a quant à elle une opinion plus tranchée. Une « tartufferie » et une « opération de communication » pour Les Républicains (LR), une loi « inutile » pour les autres, la mesure portée par La République en Marche ne séduit pas. 

Car s’il est vrai que le portable était jusqu’à présent autorisé partout sauf en classe, il est désormais interdit partout sauf en classe s’il est destiné à « un usage pédagogique ». Une mesure incompréhensible pour certains députés : « C’est ajouter de la loi à la loi », constate Philippe Gosselin (LR), « pourquoi la loi, qui est claire, ne s’applique pas ? », s’indigne aussi Marie-George Buffet (PCF). 

Ce à quoi Emmanuel Macron avait répondu qu’il ne s’agissait pas d’une « loi pour les apparences » mais au contraire, d’une loi à la « base juridique plus solide »

Une interdiction appliquée uniquement aux élèves

Néanmoins, certains sujets restent pour l’instant en suspens. Comme la question des casiers pour ranger les portables. La loi précise seulement que les professeurs auront la possibilité de confisquer les téléphones de leurs élèves. Des livrets pourraient également être envoyés aux écoles pour définir précisément les conditions de cette nouvelle interdiction. 

Quant à l’usage des portables par les professeurs, l’amendement a finalement été retiré : « Il est important de faire une distinction entre les règles qui s’appliquent aux élèves et celles qui s’appliquent aux adultes », a précisé le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.