Les étudiants en médecine seront sélectionnés de manière classique, via des examens à la fin de chaque année d’étude.

C’est une annonce qui était pressentie depuis quelques jours : le numerus clausus sera bel et bien supprimé à l’issue de la première année commune aux études de santé (Paces), à partir de 2020.

« Arrêter le gâchis humain »

Mis en place en 1968, ce quota fixe le nombre d’étudiants autorisés à suivre des études de médecine, de dentaire, de pharmacie ou de maïeutique (sage-femme) après une première année commune à toutes ces spécialités. En 2018, sur près de 60 000 élèves inscrits en Paces, 13 500 sont ainsi passés en deuxième année, dont 8 205 en médecine. 

Cette mesure fait partie des ajustements prévus dans le plan santé, présenté aujourd’hui par le gouvernement. Dans une interview au Parisien, la ministre de la santé Agnès Buzyn prévient toutefois que « cela ne réglera pas le problème de la démographie médicale ». Elle précise que « contrairement aux idées reçues, le numerus clausus n’est pas responsable de la pénurie de médecins. Aujourd’hui, nous en formons 9 000 par an, contre moins de 4 000 dans les années 1990. Ces médecins vont arriver "sur le marché" en 2025. »

La suppression du numerus clausus est donc proposée pour « arrêter le gâchis humain » et de « diversifier les profils. Nous ne pouvons pas sélectionner les futurs médecins uniquement sur leurs compétences en maths ou en physique. Nous avons aussi besoin de profils numériques, humanistes, que l’actuelle sélection ne favorise pas », explique la ministre. 

Des précisions « d'ici Noël »

Un avis partagé par Emmanuel Macron, qui lui aussi reste prudent : « Ce n’est pas un renoncement à l’excellence. Le parcours restera sélectif mais sera plus ouvert et diversifié. »

A la place de ce numerus clausus, la sélection des médecins devrait se faire de manière classique. « Comme dans toutes les filières, des examens sanctionneront le passage en deuxième année puis en troisième », prévoit Agnès Buzyn. La ministre de l'enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a précisé que des discussions avec les acteurs (syndicats, profs, étudiants, etc.) seront entamés prochainement, et que les conditions d'accès aux études de santé seront « précisées d'ici Noël ».