Le secteur du numérique est créateur d'emploi : 900 000 postes seront créés d'ici 2015. Pourtant, peu d'étudiants se lancent dans cette voie. Les entreprises, en manque de main d'œuvre, cherchent à attirer les jeunes issus d'horizons les plus variés.

Avec 700 000 emplois directs et un chiffre d'affaires qui s'élève à 63 milliards d'euros, le secteur du numérique se porte bien... Sauf qu'il attire peu de jeunes diplômés ! Les entreprises en souffrent, et tentent de les faire venir chez elles par divers moyens.

Un secteur d'avenir

La branche est tellement porteuse que le 4 mars dernier, la Commission européenne a lancé une grande coalition en faveur de l'emploi dans le numérique. Un problème qui la tracasse, comme le révèle le rapport : "Malgré les niveaux de chômage que l'on connaît actuellement, le nombre d'emplois dans le secteur du numérique progresse de plus de 100.000 par an. Or, le nombre de nouveaux diplômés des TIC [technologies de l'information et de la communication] et de travailleurs qualifiés dans ce secteur est insuffisant pour suivre le rythme de la demande.". Et effectivement, 900 000 postes seront à pourvoir d'ici à 2015 au sein de l'Union Européenne.

Mais la France n'est pas exclue du phénomène : les emplois directs et indirects liés au numérique représentent un million de postes dans l'hexagone. Le numérique est partout : dans les télévisions, les ordinateurs, les tablettes, les smartphones,...Avec ces nouvelles technologies, des nouveaux métiers sont apparus, mais ils manquent cruellement d'experts formés correctement.

Peu  de spécialistes du secteur

Car si certains se lancent dans le numérique, ils sont peu à être réellement qualifiés. Les entreprises colmatent comme elles peuvent le manque de jeunes diplômés spécialisés, en se tournant vers des titulaires d'un BTS, d'un DUT ou d'une licence pro. Et ce sont les start-up les plus touchées, les rares jeunes diplômés cherchant un poste au sein d'un grand groupe.

Ce que les start-up veulent, ce sont des jeunes diplômés experts en la matière. Les entreprises travaillent donc main dans la main. Depuis l'an dernier, l'entreprise France Digitale organise ainsi le forum "Rejoignez une start-up", pour faire connaître les offres d'emploi et rivaliser avec les grandes compagnies.

Les écoles se perfectionnent

Le manque de jeunes diplômés en matière de numérique traduit un manque de formation, à la racine. Les écoles de commerce et d'ingénieurs proposent ainsi des options "informatique", mais il n'existe pas de formation précise en la matière. Certains établissements s'ouvrent sur le monde du travail, en faisant intervenir des professionnels, ou en proposant aux étudiants l'alternance. Mais il ne faut pas oublier que c'est un secteur qui évolue très rapidement : il faut donc un socle commun de compétences, et les formations ne peuvent suivre les mutations du domaine.

C'est donc la formation continue qui semble le plus à même de former les experts de demain. C'est déjà le cas en Bretagne, où le Pacte Pen Breizh se veut l'intermédiaire entre chômeurs et entreprises. Les compagnies précisent leurs besoins, et le Pacte met en place une formation courte – de trois mois à six mois – qu'il propose aux candidats. A la fin de leur formation, ces derniers sont assurés d'obtenir un poste.

Des jeunes pris très tôt

Pour former les jeunes le plus tôt possible, des initiations sont désormais possibles très tôt. Depuis la rentrée dernière, les élèves de terminale S peuvent ainsi choisir la spécialité ISN – informatique et sciences numériques – et, la rentrée prochaine, ce sera au tour des classes prépas, où les étudiants pourront choisir l'option informatique.

Une des améliorations à apporter est cependant la rénovation de l'image de l'expert en numérique. L'image du geek fait défaut au secteur. On recherche donc parmi de nouveaux profils : parmi eux, les jeunes, et les femmes. Car c'est un enjeu majeur que celui des nouvelles technologies, puisque le 28 février dernier, le gouvernement a présenté sa feuille de route pour le numérique.