La Fage a changé de direction. Lors de la passation de pouvoir, le nouveau président a présenté les ambitions de l'organisation pour 2016-2017. Au programme : la réforme du lycée, la suppression du bac, la sélection en master et l'élection présidentielle.

Le lycée, le bac, le master, l'élection présidentielle... A peine en poste, le nouveau président de la Fage et son équipe s'attaquent aux grands sujets de l'année scolaire. Mardi 27 septembre, lors d'une conférence de presse faisant office de passation de pouvoir, Alexandre Leroy et son successeur Jimmy Losfeld ont détaillé le plan d'action de la Fage pour cette année.

Master : « La sélection, c'est l'exclusion »

Premier chantier : le master. La fédération rebondit sur l'actualité et se positionne contre la sélection en master. « La sélection, c'est l'exclusion », estime Jimmy Losfeld. S'il reconnaît que certains masters ne peuvent pas répondre favorablement à toutes les demandes, il préfèrerait mettre en place un système de « régulation ». Il propose notamment de s'inspirer d'APB pour produire un système d'orientation pour les étudiants qui sortent de licence.

Un nouveau lycée et la suppression du bac

Le lycée est également dans le viseur de la Fage, qui aimerait une refonte totale. D'une, la classe de seconde serait commune aux trois filières générale, technologique et professionnelle. Ensuite, la progression ne se ferait plus en années, mais en semestres. Cela permettrait d'orienter les élèves de manière progressive « en fonction de leurs centres d'intérêt ». Concernant le lycée général, la Fage aimerait aussi voir disparaître les classes littéraire, économique et sociale et scientifique, au profit d'un parcours commun dans lequel les élèves pourraient choisir leurs matières, majeures et mineures. Avec un tel système, « l'orientation devient choisie plutôt que subie ».

Enfin, l'organisation étudiante souhaite la fin des épreuves du bac, qu'elle voit comme un système « réducteur, pesant et anti-pédagogique ». Elle estime qu'un contrôle continu serait plus juste pour les élèves, car il représenterait « une évaluation non pas à un instant particulier mais au fil de l'eau ».

Les propos de Sarkozy et Le Pen ne passent pas

L'élection présidentielle approchant à grands pas, la Fage s'est déclarée « prête à dialoguer avec tous les candidats républicains ». En appuyant sur le caractère « républicain », l'organisation exclut d'ores et déjà Marine Le Pen des discussions. Mais les propositions républicaines ne plaisent pas toujours. « La soupe de ceux qui prônent un service militaire obligatoire pour les décrocheurs ou l'interdiction du voile à l'université, on n'est veut pas. On leur dit : rentrer chez vous ». Le message est clairement pour Nicolas Sarkozy. La proposition sélection généralisée en master 1, prônée par Alain Juppée, ne passe pas non plus. En revanche, la Fage s'est déclarée favorable à une « orientation renforcée » à l'entrée à l'université prônée par le maire de Bordeaux.

« Première organisation étudiante de France ex aequo »

Mais la Fage attend encore les positions des autres candidats en matière de jeunesse, notamment à gauche. « Que ce soit Montebourg, Filoche, Cosse, Duflot, Lienemann ou Hamon, nous aimerions voir ce qu'ils ont à proposer pour les jeunes », lance Alexandre Leroy. 

Nouvellement élu à la tête de la Fage, Jimmy Losfeld, 23 ans, est étudiant en master de physique et ingénierie à l'université de Strasbourg. Son réseau, avec 300 000 étudiants répartis dans 2 000 associations, se positionne « première organisation étudiante de France ex aequo » avec l'Unef.