Annoncé en 2015, ce dispositif anti-triche pour les épreuves du baccalauréat devait être appliqué dès le 1er janvier 2018.

C’est un soulagement pour les lycéens : le « mode examen » des calculatrices scientifiques n’est pas obligatoire cette année. Après plusieurs cafouillages lors des bacs blancs, le gouvernement a préféré repousser le dispositif à la session 2019. « De nombreuses académies ont signalé qu’un nombre significatif d’élèves ne disposait pas à ce jour d’une calculatrice conforme à cette nouvelle réglementation. Tous les candidats composeront donc dans les mêmes conditions qu’à la session 2017 et avec l’équipement de leur choix », a affirmé Jean-Michel Blanquer, jeudi dernier.

Un changement de dernière minute

Un revirement de situation encore incompréhensible pour les lycéens, dont la plupart a investi dans une nouvelle calculatrice. En effet, en 2015, un circulaire annonçait la mise en place d’un nouveau dispositif.  A compter du 1er janvier 2018, seules les calculatrices disposant d’un mode examen seraient autorisées. Le but : éviter la triche en verrouillant l’accès à la mémoire du système, et donc à toutes les formules entrées dans la calculatrice. 

Reconnaissable grâce à un signal lumineux, ce mode examen devait être utilisé pour la première fois au bac 2018. Depuis trois ans, les élèves sont donc encouragés à investir dans une nouvelle calculatrice. Un coût non-négligeable pour les familles : pas moins de 70 € pour les premiers prix et jusqu’à 200 € pour les plus performantes. 

Un système loin d’être infaillible 

Après des tests grandeur nature lors du bac blanc en décembre et janvier dernier, les établissements ont fait part de plusieurs difficultés. Si certains élèves n’avaient pas la calculatrice adaptée, d’autres n’ont pas réussi à déclencher le mode examen lors des épreuves à cause d’une batterie trop faible. Autre incohérence : le mode examen n’empêche pas la triche. 

En effet, le dispositif n’efface pas la mémoire de son propre mode : si un élève a déjà utilisé le mode examen, toutes les formules qu’il a entré seront visibles la fois d’après. Enfin, après chaque épreuve, la calculatrice doit repasser en mode normal. Or, les fabricants ont fait en sorte que la sortie du mode examen nécessite l’utilisation d’un autre appareil électronique (portable, ordinateur ou calculatrice). Un vrai casse-tête et surtout une perte de temps selon les lycéens et les professeurs.

Le gouvernement a donc pris la décision de reporter ce dispositif à 2019. En plus du bac, tous les types de calculatrice seront autorisés pour les épreuves de BTS, de DEC, de DCG, du brevet, du CAP et du BEP, en 2018.