Alors que le rectorat a annoncé la semaine dernière la mise en place d'un tirage au sort en Paces, Thierry Mandon a catégoriquement rejeté cette possibilité. Dans la pratique, il semblerait en fait qu'un tirage au sort n'aurait pas été nécessaire cette année.

Thierry Mandon est catégorique : il n'y aura pas de tirage au sort. Le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche s'est engagé, dans une interview à Libération, à tout faire « pour que le tirage au sort pour accéder en première année de médecine n'existe jamais ».

La colère des syndicats étudiants

Pourtant, mercredi dernier, « le rectorat nous a clairement indiqué la mise en place d'un tirage au sort en Ile-de-France », a rapporté au Monde Rémi Patrice, vice-président de l'Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf). Du côté des organisations de jeunesse, les réactions ont été aussi vives qu'immédiates. Cette décision a été jugée « intolérable » par l'Unef, « arbitraire » et « profondément injuste » par l'UNI, tandis que la Fidl a fait part de sa « colère ». 

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Faire face à la surpopulation en Paces

Alors que la sélection en master et les mouvements contre la loi Travail attisent déjà ses relations avec les étudiants, le gouvernement n'a donc pas tardé à rassurer tout le monde en écartant la possibilité du tirage au sort. 

L'idée de ce tirage au sort a été émise pour palier à la surpopulation étudiante dans les classes de Première année commune aux études de santé (Paces). Ainsi, en 2015, 8 143 étudiants ont été admis, soit 500 de plus qu'en 2014. Une forte hausse, répétée d'années en années, qui a provoqué différents soucis logistiques au sein des facultés de médecine.

Tirage au sort pas nécessaire en pratique

Pour 2016, le rectorat a donc limité « la capacité d'accueil à 7 500 candidats » et anticipé : « Il est probable que tous les candidats ne pourront pas être admis. » Si le ministère confirme la capacité d'accueil limitée, il précise qu'il s'agit en réalité d'une précaution juridique, permettant de procéder à un tirage au sort en cas d'un nombre trop élevé de candidatures. 

Or, le nombre de bacheliers ayant choisi médecine comme premier vœu sur APB est en baisse : 7 700 cette année contre 8 100 l'an dernier. Concrètement, cela signifie qu'un tirage au sort ne sera donc pas utile. Une source de ministère explique au Monde que « sur le plan théorique, un tirage au sort aurait pu avoir lieu, mais la théorie ne se vérifiera pas sur le terrain cette année ». En attendant de trouver une autre solution si la théorie devient réelle en 2017.