Le nombre de jeunes kinésithérapeutes a explosé depuis le début des années 2000, alors que la France peine à former des médecins.

Les chiffres du ministère de la santé, publiés le 24 juillet dernier, sont clairs : la France pourrait bientôt compter trop de kinés. Chaque année, leur effectif augmente en moyenne de 3 % pour atteindre 85 000 professionnels en 2016. Mais le nombre de kinés pourrait encore progresser de 57 % d’ici 2040. La France compterait alors près de 133 000 masseurs alors que le nombre de médecins ne cesse de diminuer.


Plus de kinés et moins de médecins

En effet, entre 2000 et 2016, le nombre de kinés a augmenté de 61 %. Aujourd’hui, 48 établissements forment ces futurs professionnels de la santé partout en France. Ainsi, chaque année, près de 2 700 étudiants sont diplômés et entrent sur le marché du travail, généralement en profession libérale.

Au contraire, même si les médecins généralistes sont légèrement moins nombreux que les kinés, leur effectif ne cesse de diminuer. Entre 2007 et 2015, le nombre de médecins est passé de 64 778 à 58 104 en 2015. D’après le Conseil national de l’Ordre des médecins, les chiffres risquent encore de diminuer de près de 7 % d’ici 2020.

Un nombre de places en formation de kiné multiplié par deux

Cet engouement pour le métier de kiné s’explique notamment par une politique de quotas en faveur de la profession depuis plusieurs années. En 2000, les écoles spécialisées ne pouvaient pas prendre plus de 1 369 étudiants, alors qu’en 2017, pas moins de 2 756 places étaient disponibles dont 655 en Ile-de-France. Ainsi le nombre de kiné par habitant a considérablement augmenté. En 2016, ils étaient 128 pour 100 000 habitants. D’après les estimations du ministère, ils pourraient être 184 pour 100 000 en 2040, soit 100 de plus qu’en 2000.

Autre explication : l’accroissement du nombre de diplômés à l’étranger. Ils sont environ 1 200 par an en moyenne à exercer en France après avoir obtenu un diplôme à l’étranger. Parmi eux, la moitié sont des Français. En 2015, ces diplômés représentaient 33 % des nouveaux kinés contre 10 % en 1999. Un constat partagé chez les médecins dont la part de diplômés étrangers a augmenté de 42,7 % en l’espace de dix ans.