Une réforme sur les masters est en cours de réalisation, mais les positions du gouvernement sur la sélection ne sont pas claires.

Sélection ou pas sélection ? Le ministère peine à prendre position sur la question du master. Mais alors que le nombre d'étudiants augmente une fois de plus (2 596 800 pour cette rentrée universitaire, soit 45 600 étudiants de plus qu'en 2015, dont 32 400 à l'université), le sujet se place au cœur du débat.

« Sélection » vs. « Recrutement »

« Pour moi, la sélection n'est pas un gros mot. » Les mots de Thierry Mandon, secrétaire d'Etat à l'enseignement supérieur et à la recherche dans le Parisien, ce mardi 20 septembre, ne font pas écho à ceux de sa ministre de tutelle, Najat Vallaud-Belkacem, qui prend soin d'éviter ce vocabulaire. Sur la matinale d'i-Télé, elle a recadré son secrétaire d'Etat : « Je veux croire que [ses] propos ont sans doute été tronqués, et qu'il aura l'occasion de les repréciser. » A la place de « sélection », elle préfère parler de « recrutement ».

Consciente du problème, la ministre de l'éducation nationale souhaite en effet proposer une réforme d'ici la fin du mois d'octobre. La ministre de l'éducation nationale propose de supprimer la sélection entre les deux années de master et de favoriser le « recrutement » dès le début du cycle, à bac+3.  Concrètement, « les masters dont le nombre de places est limité », pourraient « recruter », dès la première année, « les étudiants les plus motivés et les plus qualifiés ». Une proposition qui ressemble fort à une sélection, si ce n'est son nom.  

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Favoriser la poursuite d'études

L'autre grand point de cette réforme concerne le droit à la poursuite d'études. Après une licence, tout étudiant n'ayant pas pu rejoindre un master alors que c'était son « premier vœu » devrait se voir proposer une autre solution. Avec cette proposition, le ministère s'approche des positions de l'Unef. Sauf que le syndicat étudiant va jusqu'à demander qu'« au moins une proposition de master soit faite à chaque étudiant dans l'établissement où il a obtenu sa licence ».

Une idée rejetée par les universités, et sur laquelle l'exécutif ne s'est pas déclaré. La suite des discussions entre gouvernement, organismes étudiants et universités devrait clarifier les choses dans les prochaines semaines.