L’Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques (UPS) tire la sonnette d’alarme et déplore le niveau de plus en plus faible des élèves en bac S.

Chaque année, environ la moitié les élèves de terminale, en bac général, choisissent la filière scientifique. Pourtant, selon le rapport de l’Académie des sciences, publié cette année, la série s’est transformée en « filière généraliste dotée d’une légère coloration scientifique »

Résultat : le niveau des lycéens français en sciences s’affaiblit. Cette année, la France fait même figure de cancre. Elle se classe 26e en sciences, selon le classement PISA, qui évalue le niveau des élèves des pays de l’OCDE. D’après Mickaël Prost, président de l’UPS, la filière S « ne remplit plus son rôle de formation en sciences des lycéens ».

Une formation « émiettée »

Cette baisse de niveau serait en partie due aux réformes du lycée. Depuis le début des années 2000, le lycée n’a cessé de se transformer, au détriment des élèves, selon l’Académie des sciences. Elle déplore notamment la disparition des liens entre les trois matières principales de la filière : la physique, la chimie et les mathématiques. 

« On a "démathisé" la physique pour éviter de confronter les élèves aux difficultés, ce qui revient à faire de la physique sans mettre les mains dans le cambouis », s’est indigné Mickaël Prost, lors d’une interview donnée au Figaro. L’Académie des sciences juge également que les chapitres sont trop descriptifs et loin de la réalité scientifique. Le rétablissement d’un lien entre ces trois matières doit donc être une priorité pour que les lycéens comprennent davantage les sciences.

Et de plus en plus laxiste

Autre problème : la réduction des heures de cours. Depuis 2010, la physique et la chimie sont passées de 4 h 30 par semaine à 3 heures. Même constat pour les mathématiques, qui passent de 5 heures par semaine à 4 heures. 

Cet allègement a des répercussions sur l’apprentissage global des sciences. Et notamment sur les mathématiques car les chapitres sont abordés de manière superficielle. « L'utilisation mal gérée des calculettes ou tablettes, menée sans véritable perspective et sans formation, conduit à des lacunes très importantes en calcul », précise l’Académie des sciences.

Des conséquences sur l’entrée à l’université

Lorsque les bacheliers S arrivent à l’université, ils doivent rattraper leur retard. Chaque étudiant n’a pas les mêmes bases, or c’est une condition préalable pour entrer à l’université. « Ils arrivent dans l'enseignement supérieur scientifique sans y avoir été véritablement préparés, alors même que les besoins du pays en scientifiques et ingénieurs ne cessent de croître », détaille l’Académie des sciences.

« Corriger cette situation est à la fois indispensable et urgent », conclut le rapport. Selon Mickaël Prost, seule une nouvelle réforme du lycée pourrait inverser la tendance. « La réforme du bac ne peut être pensée sans une réforme du lycée, qui ne peut se faire sans une réforme des contenus », a-t-il déclaré.