Jean-Guy Bernard, le directeur général de l'EM Normandie, revient sur le déroulement du plan stratégie 2013-2017 de l'établissement de management avec notamment le lancement tout récent d'un observatoire de la pédagogie et des métiers de demain. Il aborde également les prochaines étapes du déploiement de ce plan, avec le début du concept de la SmartEcole®, la sortie prochaine de MOOCs et de serious games, et les projets d'implantation à Paris, Singapour et en Angleterre.

Pour quelles raisons avez-vous pris la décision de créer un observatoire de la pédagogie et des métiers de demain ?

Jean-Guy Bernard, le directeur général de l'EM Normandie Jean-Guy Bernard, le directeur général de l'EM Normandie
Jean-Guy Bernard, le directeur général de l'EM Normandie,
aborde les pistes de développement de l'établissement.

"C'est le fruit d'une mûre réflexion. Nous sommes dans un univers qui ne cesse de bouger : avec le numérique, des outils apparaissent et les jeunes doivent apprendre à les manier dans un contexte de formation. De ce fait, il est intéressant de réfléchir à la fois sur des méthodes d'apprentissage innovantes et de nouveaux contenus pédagogiques répondant aux attentes des jeunes et aux besoins des entreprises.

De nouvelles organisations et de nouveaux métiers émergent, notamment avec le développement des TICE [Technologies de l'Information et de la Communication pour l'Enseignnement, ndlr], et nous devons nous poser les bonnes questions. Qu'attend-on des managers de demain en termes de compétences et de comportements ? Quels métiers vont se substituer aux anciens ? Quels seront les fonctions et les secteurs porteurs ? Il y a aujourd'hui une accélération des changements que nous nous devons de maîtriser !"

Quelles sont vos attentes concernant cet observatoire, et ses possibles retombées ?

"Au niveau pédagogique, des réflexions seront appliquées concrètement pour faire évoluer nos enseignements. Cet observatoire doit aussi nous permettre de diffuser des travaux avec des universités ou des écoles travaillant sur ces mêmes thèmes, car notre vocation est de produire de l'intelligence.

Nous réaliserons aussi un sondage annuel dans le cadre du nouveau partenariat noué avec la chaire d'économie numérique de l'Université Paris-Dauphine et de Médiamétrie, afin de présenter des informations chiffrées sur l'évolution du e-business et des métiers dans ce domaine. Nous pourrons par ce biais aider nos étudiants dans leur orientation professionnelle et mieux comprendre les demandes des entreprises."

Quelles sont les prochaines étapes du déploiement de votre plan stratégique ?

"La prochaine étape est l'implantation d'un campus à Paris avec Grenoble Ecole de Management (GEM) fin 2013 ou début 2014. A cette même période, nous devons aussi nous installer en Grande-Bretagne, toujours avec GEM. Nous travaillons également au développement de la SmartEcole®. Les étudiants du programme Grande Ecole de niveau L3 en découvriront, à la prochaine rentrée, les applications concrètes en matière de pédagogie. Ils disposeront tous d'une tablette numérique et une partie des cours, environ 20 %, exploitera de nouvelles méthodes (e-learning, serious game...), privilégiant le travail collaboratif et la co-construction de savoirs.

Nous renforçons également la cellule carrières-emploi afin de donner à nos étudiants tous les moyens d'accès à l'emploi dans les meilleures conditions. Nous menons parallèlement un important travail de référencement auprès des entreprises afin qu'elles recrutent des jeunes diplômés de l'EM Normandie.

Enfin, nous misons sur l'alternance avec 10 de nos spécialisations de master 2 accessibles en contrat de professionnalisation à la rentrée, en plus de la filière "classique" déjà proposée en master 1 et 2. Sur notre campus parisien, nous installerons 150 étudiants en alternance. Ce rythme de formation est vraiment plébiscité par les étudiants et par les entreprises qui en recrutent de plus en plus en CDI, après les avoir formés à leurs besoins."

Vous avez annoncé la création prochaine de MOOC et de serious games. A quelle échéance pensez-vous les sortir ?

"Nous lançons un premier MOOC cet été et un second en septembre. Nous serons aussi très bientôt présents sur iTunesU, où nous diffuserons des ressources pédagogiques ainsi que des cycles de conférences, etc. Et nous devrions avoir un serious game dès la rentrée prochaine."

Il était également prévu que l'EM Normandie soit présente à Singapour sur le site de GEM. Cette implantation est-elle concrétisée ?

"Grenoble Ecole de Management est en effet présente à Singapour où elle collabore avec un établissement. Nous devons nous rendre sur place prochainement pour définir le cadre de notre future implantation prévue pour septembre 2014."

Vous avez lancé, en février dernier, un Campus Intelligence Economique ainsi qu'un programme BADGE "Intelligence Economique et Stratégique". Quel est le principe et quels sont, pour le moment, les résultats ?

"Notre école, avec GEM et SKEMA, est l'un des trois établissements pilotes référencés par le ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche pour établir un référentiel de formation, et dégager de bonnes pratiques pour former les étudiants et les entreprises à l'intelligence économique.

C'est un domaine que la France ne maîtrise pas bien encore, alors qu'il est fondamental pour le développement économique. Nous avons donc mis en place des parcours de formation afin de comprendre et de maîtriser l'intelligence économique.

Au niveau national, c'est un des axes de collaboration avec GEM et nous travaillons de concert sous l'égide des instances interministérielles, également avec SKEMA et l'Université Paris-Dauphine. Au niveau régional, nous coopérons avec l'université de Caen-Basse Normandie et l'ENSICAEN, grande école d'ingénieurs caennaise, avec lesquelles nous avons fondé le Campus Intelligence Economique. Nos actions s'inscrivent véritablement au service du développement du territoire".

Vous visez l'accréditation AACSB à court terme. Où en êtes-vous ?

"Notre chairman, qui est d'ailleurs une chairwoman, vient d'être désignée par l'AASCB. Nous attendons la confirmation de la date de visite des experts pour l'audit qui devrait avoir lieu en fin d'année ou début 2014. Nous sommes donc proches du but !"