En France métropolitaine, 25 % des 15-24 ans non-scolarisés sont sans diplôme.

Enfin une politique éducative qui porte ses fruits. Selon un rapport du CNESCO (Conseil national d’évaluation du système scolaire), le nombre de jeunes qui sortent du système scolaire sans diplôme autre que le brevet est en baisse.

En 2015, 100 000 jeunes sont de 15 à 24 ans sont sortis du système scolaire sans diplôme. Un chiffre impressionnant mais en forte baisse par rapport aux années précédentes (140 000 en 2012). 

Politique de continuité

Cette dernière statistique porte le nombre de 15-24 ans n’ayant aucun diplôme ou seulement le brevet à 450 000 en 2016. Là encore, le CNESCO se félicite d’une baisse, d’environ 100 000 personnes par rapport à 20006. 

« C’est la continuité dans le temps des politiques scolaires qui produit des effets », analyse Nathalie Mons, présidente du CNESCO. La professeure de sociologie à l’université de Cergy-Pontoise se félicite de la « continuité » de la lutte contre le décrochage scolaire, « politique appréhendée systématiquement et systémiquement. Pour une fois loin de tout débat idéologique stérile qui prend l’école pour otage. »

« Les politiques scolaires, pour être efficaces  doivent se fonder sur un consensus transpartisan et enjamber ainsi les échéances électorales », résume-t-elle.

Les profils de décrocheurs facilement identifiables

Concrètement, les actions menées depuis plusieurs années ont permis non seulement de faire réduire le nombre de décrocheurs, mais également de mieux accompagner ceux qui sont sortis de manière précoce du système scolaire, par exemple via les écoles de la deuxième chance.

Mais l’un des points sur lesquels le CNESCO s’efforce de travailler est l’identification des jeunes susceptibles de décrocher. Au cours d’une conférence organisée sur ce sujet, l’organisme a révélé quels indicateurs permettaient de déterminer les jeunes à accompagner en priorité :

  • Parents non diplômés
  • Famille nombreuse
  • Famille à faible revenu ou défavorisée
  • Redoublement
  • Difficultés scolaires
  • Absentéisme répété
  • Orientation contrainte
  • Faible sentiment d’appartenance à l’établissement
  • Harcèlement
  • Sentiment d’injustice de la part des professeurs

Les caractéristiques des enfants décrocheurs relevées par le CNESCO sont des observations faites sur la majorité et ne sont pas déterminantes. C’est-à-dire que des enfants n’y répondant pas peuvent décrocher, de la même manière que ceux qui s’y reconnaissent ne vont pas nécessairement abandonner l’école. Elles restent toutefois des indicateurs à prendre en compte. 

Fortes dispartités territoriales

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Enfin, le CNESCO relève de fortes disparités territoriales. Les académies de Lille, Amiens, Créteil, Aix-Marseille, Montpellier et Corse sont très touchées par le décrochage.

« La très grande majorité de ces académies ont une part plus élevée de familles monoparentales, un chômage plus élevé », analyse le CNESCO. C’est notamment le cas de l’université de Lille, qui répond à tous les facteurs de risques territoriaux identifiés.
 

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