Lors de son discours à la Cour des comptes, Emmanuel Macron a remis en cause le classement de sortie de l’école nationale d’administration (Ena).

Après deux tentatives non-fructueuses lancées par Nicolas Sarkozy et François Hollande, Emmanuel Macron a relancé le débat sur la réforme de la célèbre institution. « Il faut tenir compte des priorités gouvernementales », a-t-il expliqué, lundi, devant les magistrats.

Le Président, lui-même ancien énarque devenu inspecteur des finances, souhaite renouveler le système de l’Ena. Et notamment le classement de sortie. « Je souhaite, très profondément que les fonctionnaires des grands corps se frottent au réel, choisissent des défis difficiles, relèvent les défis du terrain à chaque étape de leur carrière. » 

Un système jugé imparfait

Or, jusqu’à présent, les quinze meilleurs élèves de l’Ena peuvent choisir leur affectation. Traditionnellement, l’Inspection générale des finances, le Conseil d’Etat et la Cour des comptes, sont les postes les plus prisés. Bien loin devant le ministère de l’Education nationale, pourtant premier budget de l’Etat. 

Emmanuel Macron dénonce les limites de ce système : « Nous avons besoin de talents pour rénover l’éducation, le logement, les affaires sociales… Les ministres me disent qu’ils ont des problèmes de ressources. » D’après lui, il devient impératif de trouver des alternatives.

Une réforme peu concrète

Pour autant, le Président n’a pas encore proposé d’actions concrètes. Son objectif est avant tout de débarrasser l’Ena des « dogmes » et des « tabous ». Mais pour lui, pas question de supprimer le classement. « Il s’agit d’un appel à ce que les grands corps aillent servir là où il y a de vrais besoins pour la République dans les ministères moins bien dotés », a-t-il précisé. 

Lors de son mandat, Nicolas Sarkozy avait proposé d’instaurer des « listes d’aptitudes » afin de « concilier la demande des administrations et les attentes des agents ». Plusieurs énarques du Parlement, du Conseil d’Etat et du Conseil constitutionnelle s’étaient alors opposés au projet de loi. En avril 2016, sous la présidence de François Hollande, la demande avait une nouvelle fois été reportée.