Les 18-24 ans se disent moins favorables à la réforme du baccalauréat que la majorité des Français.

Plus de 200 ans après sa création, le baccalauréat reste un symbole de réussite. Mais pour combien de temps encore ? Selon un sondage réalisé par Elabe, 81 % des Français affirment que « le baccalauréat est indispensable pour la poursuite des études ». Néanmoins, ils sont légèrement plus nombreux (85 %) à estimer que ce « diplôme a perdu de sa valeur ».

Bien que le baccalauréat soit l’une des conditions majeures pour entrer à l’université, les Français se montrent sceptiques quant à son utilité. Pour 53 % des sondés, ce diplôme n’est pas indispensable pour trouver un emploi. Et ils sont autant à douter de sa capacité à bien préparer à l’entrée dans l’enseignement supérieur. Les 18-24 ans, qui ont donc passé l'examen récemment, sont encore moins optimistes : près de trois jeunes sur cinq estiment qu’ils ne sont pas bien préparés.

31 % des jeunes veulent conserver le bac actuel

Pour y remédier, le gouvernement s’attaque à la réforme du baccalauréat. L’idée est justement de retravailler les modalités de ce diplôme afin qu’il redevienne un vrai gage de réussite aux yeux des universités et des entreprises.

Cette stratégie semble payante puisque 77 % des Français se disent favorables à une réforme en profondeur ou à un aménagement du baccalauréat. Cependant, les 18-24 ans sont plus dubitatifs. Seulement 25 % d’entre eux souhaiteraient une refonte totale du bac, et plus de trois jeunes sur dix préfèreraient conserver le diplôme actuel, contrairement à la majorité des Français.

Les jeunes seraient donc plus attachés au baccalauréat que les plus de 50 ans, qui sont 11 % à vouloir sa suppression, contre 3 % pour les 18-24 ans.

Une réforme qui ne convainc pas les plus jeunes

Le gouvernement a d’ores et déjà évoqué plusieurs mesures comme le renforcement du contrôle continu. Selon l’étude, 75 % des Français y sont favorables, c’est deux points de plus que lors d’une précédente étude datant de juin 2017. Là encore, les 18-24 ans sont moins convaincus : 69 % sont d’accord avec cette réforme. 

Il en est de même avec toutes les autres réformes proposées par le gouvernement. Si la plupart des Français sont largement divisés sur la réduction du nombre d’épreuves (46 % contre), les jeunes ont un avis plus tranché : 59 % s’y opposent.

Conserver les options dans un programme à la carte

L’écart est encore plus flagrant lorsqu’il s’agit de supprimer les options facultatives. Ces options permettent aux bacheliers de gagner des points, non négligeables, pour décrocher le fameux sésame ou pour obtenir une mention. Trois Français sur cinq sont opposés à leur suppression, alors qu’ils sont 79 % chez les plus jeunes.

Seules la suppression des filières L, ES et S et la mise en place d’un programme à la carte divise l’ensemble des Français (54 % favorables), tout comme les plus jeunes (48 % favorables). Ces mesures entraineraient la réorganisation totale du lycée, tout en permettant de proposer un parcours plus individualisé aux lycéens.


*D’après un sondage réalisé par Elabe, sur un panel de 1001 personnes âgées de 18 ans et plus, le 28 et 29 novembre 2017 et publié le 30 novembre 2017.