Vers la fin des notes à l'école ? Une étude du CNRS tend vers cette position. Elle révèle notamment que la fin des notes mène vers des performances plus équilibrées en fonction de l'origine sociale des élèves.

Une première expérience de la suppression des notes à l'école apporte enfin ses conclusions. Résultat, un peu surprenant, supprimer les notes permet de réduire les écarts de résultats entre enfants issus de familles favorisées ou défavorisées. 

Notes inégales selon l'origine sociale de l'élève

L'étude, intitulée « Concilier l'évaluation par compétences et un usage raisonné de la note », a été menée par le CNRS au cours de l'année 2014-2015, dans l'académie d'Orléans-Tours. En tout, 6 000 élèves de la 6e à la 2nd, répartis dans 70 établissements, ont été concernés par l'étude, qui n'a toutefois gardé que les résultats des élèves de 3e.

La diminution de cette forme de « discrimination » de la notation a été particulièrement observée en mathématiques. « Dans l'expérimentation, les élèves issus de familles favorisées voient leur performance sur l'épreuve des mathématiques du brevet augmenter. Les élèves des familles défavorisées augmentent eux aussi leur performance et dans des proportions plus importantes », précise le compte rendu de l'étude. Conclusions : « Tous les élèves tirent bénéfice de l'expérience et les inégalités sont fortement réduites. » 

Les auteurs de l'étude rappellent que « dans l'enquête PISA 2012, la France apparaît comme le pays dans lequel l'influence de l'origine sociale des élèves sur leurs performances scolaires est la plus marquée. »

Résultats différents selon les matières

Une autre observation a étonné les auteurs : les élèves de tous niveaux sont concernés par une meilleure réussite. « Beaucoup avaient tendance à considérer que ce type d'évaluation permettait de soutenir les élèves en difficultés mais risquait de freiner la réussite des meilleurs », note l'étude. Or, « les élèves moyens ainsi que les meilleurs élèves augmentent également leur réussite ».

Ces résultats restent à prendre avec des pincettes. Selon Marie-Estelle Pech, journaliste éducation au Figaro, ces résultats changent en fonction de la matière. « La suppression des notes en maths est efficace mais pour le français et l'histoire-géo, et les chercheurs ne savent pas expliquer pourquoi. Il y a un autre problème », nuance-t-elle dans une interview à Europe 1