Selon un rapport de l'Ordre des médecins, un quart des étudiants en médecine et jeunes médecin ne se considère pas en bonne santé. Et 14 % d'entre eux auraient même des pensées suicidaires.

Les cordonniers sont-ils les plus mal chaussés ? Selon une enquête de l'Ordre national des médecins, « la souffrance des étudiants en médecine et des jeunes médecins est avérée ». Réalisée en mars et avril 2016 auprès de 7858 étudiants en 2e et 3e cycle et jeunes professionnels, elle révèle que près d'un jeune ou futur médecin sur quatre (24,2 %) considère son état de santé « moyen ou mauvais ».

Pensées suicidaires 

Chez les étudiants de 2e cycle, ce taux monte à plus de 30 %. Plus inquiétant encore, « 14 % des répondants ont déclaré avoir déjà eu des idées suicidaires ». Un chiffre beaucoup plus élevé que la moyenne nationale : selon l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes), 3,4 % des 15-30 ans ont pensé au suicide au cours des douze derniers mois. 

Stress et horaires 

Quel responsable ? Le rapport met en cause le stress généré par les études et la pratique de la médecine. Presque tous les interrogés (95 %) déclarent en effet avoir été soumis à des situations stressantes au cours des trois derniers mois. La question des horaires est aussi mise sur la table. Alors qu'un décret de 2015 limite le temps de travail des internes à quarante-huit heures sur sept jours, 40 % sondés déclare travailler entre quarante-huit et soixante heures par semaine, 16 % entre soixante et soixante-dix heures et 8,7 % plus de soixante-dix heures. 

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Peu de consultations entre médecins

L'Ordre des médecins s'inquiète en outre du faible nombre de consultation entre médecins. Ainsi, seuls 36 % des sondés ont rencontré la médecine du travail ou universitaire au cours des deux dernières années. Même tendance du côté de la médecine généraliste, ignorée ces deux dernières années par 68 % des étudiants et jeunes médecins. 

Faisant le constat que « 92 % des répondants déclarent que l'entraide vis-à-vis des jeunes médecins devrait être une mission de l'Ordre » des médecins, l'organisme annonce se lancer dans « une réflexion sans délai sur l'instauration sans délai d'un réel compagnonnage dans l'apprentissage du métier ».