Synonyme de partiels, le mois de janvier l'est aussi de réorientation. Selon le CIO des Enseignements Supérieurs, elle concernerait 20 % des étudiants de première année.

Janvier. Les partiels sont presque terminés. Pour certains arrive temps de la fête. Pour d'autres, celui du doute. « Chaque année, un certain nombre d'étudiants souhaitent se réorienter », présente Annick Soubaï, directrice du Centre d'Information et d'Orientation (CIO) des Enseignements Supérieurs. 

Parcours non-linéaires

Ce n'est pas une nouveauté. « Depuis 1997, il y a un droit à la réorientation, explique-t-elle. C'est un phénomène connu. » Difficile cependant d'en mesurer l'impact réel. « Il n'y a pas vraiment d'études sur le sujet, mais on estime que la réorientation concerne environ 20 % des étudiants de première année. » Se réorienter fait tellement partie du visage de l'enseignement supérieur qu'il est « très courant que des étudiants suivent des parcours non-linéaires. »

Changer de filière ne se fait pourtant pas d'un claquement de doigts. « On ne peut pas changer de formation comme de chemise », ironise Annick Soubaï. A l'université, par exemple, on doit présenter un dossier convenable. « Il faut avoir suivi les cours, être allé aux TD, parfois avoir rédigé une lettre de motivation. » Si on a le droit de se tromper, se réorienter est une vraie démarche, pas un simple test. Idéalement, l'étudiant choisi une nouvelle formation compatible avec la précédente, mais devra tout de même prévoir de rattraper certaines unités d'enseignements.

Se poser les bonnes questions

Concernant les élèves dans le doute, la psychologue ne dramatise pas. « Le fait d'être perdu est une posture honorable. C'est la posture du doute, celle qui a mené Descartes vers son fameux " Je pense, donc je suis " ». Ce phénomène doit tout de même être pris au sérieux. « Dans de très rares cas, être perdu peut cacher une pathologie », regrette-t-elle. Des soucis liés à l'acool, à la drogue ou à la dépression émergent parfois. Dans ce cas, le rôle des CIO est de réorienter les étudiants vers des organismes compétents. Mais le plus souvent, il s'agit d'un problème méthodologique : « Beaucoup d'étudiants ne savent pas que les tuteurs existent. »

Se faire conseiller est important, car cela permet à l'élève de « ne pas repartir sur une mauvaise route. Changer d'orientation est complexe, on doit vérifier avec eux que leurs envies correspondent à un projet. » Mais la directrice refuse de tomber dans la généralité. Aux étudiants, elle conseille de commencer par se poser ces trois questions : « Pourquoi je suis là, pourquoi en partir et pour aller où ? » La réponse ? « Elle ne peut être qu'individuelle. » En cas de doute ancré, il reste l'option de l'année sabbatique. Service civique ou tour du monde, « cette période doit être bénéfique, s'inscrire dans un projet », conseille Annick Soubaï. 

La rentrée décalée concerne les universités, BTS, IUT, ainsi que certaines écoles privées (commerce, ingénieur...). Certaines dates de rentrée approchent, d'autres sont déjà passées. Le site du CIO des Enseignements supérieur a mis en ligne une brochure où consulter ces informations relatives à l'Académie de Paris.