Quatre groupes de travail présenteront leurs conclusions en janvier ou février 2018.

Après le bac et l’accès à l’enseignement supérieur, le gouvernement a lancé une nouvelle réforme de l’éducation, vendredi 10 novembre, celle de l’apprentissage

Relancer l’apprentissage

Le projet a été présenté par la ministre du travail Muriel Pénicaud, accompagnée par Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal, les ministres de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur. Quatre groupes de travail ont été mis en place, sous la responsabilité de Sylvie Brunet, président de la section travail et emploi du Conseil économique, social et environnemental. Leurs conclusions sont attendues pour fin janvier ou début février 2018.

L’objectif du gouvernement est clair : relancer l’apprentissage, une voie de formation « qui ne se développe plus », a fait remarquer Muriel Pénicaud. Selon les chiffres communiqués par le gouvernement, le nombre de nouveaux apprentis dans le secondaire a baissé de 24 % en huit ans, surtout dans des secteurs clés, comme le bâtiment, l’industrie, la coiffure ou la restauration

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Pas d’objectif précis

Ainsi, malgré une augmentation des contrats d’alternances dans l’enseignement supérieur, la voie de l’apprentissage est de moins en moins privilégiée. Pour Mme Pénicaud, cela est dû notamment à un « paradoxe » : l’apprentissage souffre d’une image négative, alors qu’elle constitue une « voie d’excellence » grâce à laquelle sept apprentis sur dix trouvent un emploi en moins de sept mois.  

Pour mettre fin à cette « aberration économique » et ce « gâchis humain », les ministres comptent sur « une mobilisation de tous les acteurs ». Si aucun objectif chiffré n’a été formulé, on sait toutefois que les groupes de travail se pencheront sur plusieurs problématiques : financement, parcours de l’apprenti, offres de formation, lenteur des procédures, etc. 

Désaccord entre régions et entreprises

Mais si relancer l’apprentissage en redorant son image est un projet qui fait consensus, un point créé encore des désaccords : qui doit gérer les offres de formation ? Comme le demande le Medef, « les entreprises doivent pouvoir davantage piloter les offres des formations », estime la ministre du travail. 

Un point de vue qui déplaît beaucoup aux régions, quelques soient leurs majorités politiques. Elles refusent de voir les branches gérer l’apprentissage par crainte d’une politique de court-termisme, sans vision de d’ensemble et de pérennité. Aujourd’hui chargée de ce pilotage, elles revendiquent au contraire leur légitimité, car conscientes notamment des besoins en compétences dans les bassins d’emploi et des problématiques de développement économique