Afin de renflouer les caisses de l’Etat, les aides personnelles au logement (APL) vont baisser de cinq euros dès octobre prochain. Une décision qui prévoit d’impacter les plus modestes, notamment les étudiants.

Soixante euros en moins par an sur le compte en banque des Français les plus modestes, c’est ce que prévoit le gouvernement dès le mois d’octobre par la réduction des APL.

La décision rendue publique le 22 juillet dernier n’a pas tardé à faire réagir politiques mais aussi étudiants, principaux bénéficiaires de cette aide.

Le premier syndicat étudiant, La Fage, a vivement réagi à cette annonce en demandant au président Emmanuel Macron et à son gouvernement « de ne pas matraquer le portefeuille des étudiants » et « d’ouvrir une vraie réforme des aides sociales étudiantes ».

L’ancien candidat PS à l’élection présidentielle, Benoît Hamon, a également partagé son indignation via Twitter.

40% des allocataires sont des étudiants

De son côté l’Unef prévient que cette réduction impacterait environ 800 000 étudiants (40 % des bénéficiaires des APL) qui, pour beaucoup, travaillent déjà en parallèle de leurs études. « Une baisse des APL signifierait une dégradation des conditions de vie et une attaque contre la réussite à l’université. »

« Cette aide est vitale pour avoir un logement autonome, pour avoir simplement les moyens de poursuivre ses études car on le sait bien, la précarité est importante, les bourses insuffisantes », s’est insurgée Lilâ Le Bas auprès du Monde.

« Les pauvres et modestes ciblés pour faire des économies »

Pour Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, le signal renvoyé par le gouvernement se révèle très « inquiétant ».

« Les pauvres et modestes clairement ciblés pour faire des économies », a-t-il déploré sur sa page Twitter. L’association caritative a par ailleurs demandé à s’entretenir avec le gouvernement afin d’obtenir de plus amples informations sur ce choix.

La faute à qui ?

Cette réforme a été présentée comme « l'application d'une réforme d'économie budgétaire décidée sous le quinquennat précédent et pas encore appliquée » par un responsable du ministère de la Cohésion des territoires, chargé entre autres du logement.

Des accusations qui ont fait bondir l’ancienne ministre du Logement, Emmanuelle Cosse.

En effet, les mesures décidées en 2016 consistaient à « raboter les APL pour les publics qui avaient plus de 30 000 euros de patrimoine et à rappeler que les enfants dont les parents payaient l'ISF n'avaient pas le droit à l'APL », explique-t-elle à Franceinfo.

Hollande a émis des pistes, Macron a choisi

Si l’ex gouvernement reste impliqué dans cette décision par sa volonté de réduire les ressources du fonds qui finance les APL, il n’a, en revanche, jamais voulu opter pour leur diminution pure et dure de 5 euros par mois pour l’ensemble des bénéficiaires, selon les informations de Marianne.

Dans les faits, rien ne contraignait Emmanuel Macron et Edouard Philippe à raboter les aides des six millions de Français les plus modestes.