Une étude du ministère de l'Education nationale fait l'état des lieux des stages en 2013/2014. Il apparait certaines disparités entre les formations, notamment au niveau de la gratification.

Même dans le monde des stages, les inégalités existent. Une étude du ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, sortie en décembre 2015, fait le tour d'horizon des stages en France pour l'année universitaire 2013/2014. L'enquête réalisée concerne les étudiants en formation initiale, hors apprentissage et contrat de professionnalisation. 

Les stagiaires ingénieurs mieux rémunérés

Il apparaît qu'à peine la moitié des stages effectués sur cette période (48 %) ont été gratifiés d'une rémunération. Cette gratification est obligatoire lorsque le stagiaire reste plus de deux mois – l'équivalent de 44 jours – au sein de l'entreprise. Elle concerne principalement les stages effectués lors de la licence professionnelle (83 % des stages y sont gratifiés), des formations ingénieurs (74 %) et des masters (56 %). Ils sont moins fréquents en IEP (48 %), en DUT (44 %) ou en licence générale (21 %).

Mais les inégalités se font plus flagrantes sur le montant de la rémunération. Ainsi, si deux stages sur trois sont rémunérés entre 436 € (gratification minimale en 2013/2014) et 600 €, 54 % des stagiaires ingénieurs perçoivent une rémunération supérieure à 600 €. Un tel seuil n'est atteint que par 5 % des stagiaires de DUT et 6 % de licence pro, mais par 28 % des ceux inscrits en master. 

Un étudiant sur trois fait un stage

La réalisation d'un stage dépend fortement de la formation suivie. Ainsi, seuls 15 % des étudiants en licence générale effectuent un stage, contre 79 % de ceux inscrits en licence pro. Les formations ingénieurs (73 %), DUT (63 %) et Master (55 %) laissent aussi une part importante au stage. En IEP, il ne concerne que 42 % des étudiants. Au total, en 2013/2014, un tiers des étudiants français (34 %) a effectué un stage en entreprise

Si la fréquence et la durée des stages augmentent avec le nombre d'années d'études (36 % en L3 contre 4 % en L1, ou encore 89 % en 2e année de DUT contre 42 % en première année), ils ont lieu le plus souvent dans la région d'étude (68 %). Un quart (23 %) des stages se déroule dans une région différente de celle de l'université (45 % en formation ingénieur et 42 % en IEP). L'étranger n'a pas la côte, puisque seulement 9 % des stages effectués en 2013/2014 l'ont été hors de France. Là aussi, les formations ingénieurs (24 %) et IEP (30 %) voient leurs étudiants s'éloigner plus que les autres.