Un pré-rapport de la Cour des comptes accuse les écoles de commerce et de management de manquer d'opacité, et de réaliser une "discrimination par l'argent".

Après le rapport très critique à l'encontre de l'institut d'études politiques (IEP) de Paris, la Cour des comptes s'intéresse désormais aux écoles de commerce, et se montre tout aussi sévère. Dans un pré-rapport intitulé "Les écoles supérieures de commerce et de gestion", que s'est procuré l'AEF, les Sages dénoncent notamment "une forte discrimination d'accès aux écoles de commerce par l'argent".

Ils regrettent plus particulièrement que les bonnes performances en termes de positionnement international et de taux d'accès à l'emploi de ces établissements aient été réalisées au prix d'une forte augmentation des droits de scolarité, ces dernières années.

"Recours important aux frais de scolarité"

La Cour des comptes souligne ainsi que le financement du développement des établissements de management est passé par un "recours important aux frais de scolarité". Ceux-ci "s'élèvent à plus de 10 000 euros par an pour les écoles les plus prestigieuses, et un peu moins dans la plupart des écoles de province". Surtout, en quelques années, ils auraient grandement augmenté, avec des hausses de 71 % à HEC, de 54 % à l'ESSEC, de 49 % à l'ESCP Europe...

"Donner plus d'autonomie aux écoles"

Pour remédier à cette situation, la Cour des comptes recommande à l'Etat de "s'assurer que cette forte augmentation (...) soit compensée par des systèmes de bourses, de prêts ou d'apprentissage". Elle préconise aussi d'engager une réflexion sur le statut des écoles de commerce, qui dépendent de tutelles - les Chambres de commerce et d'industrie (CCI) -  qui les financent de moins en moins, et "à la place de l'Etat dans le dispositif, pour assurer les moyens financiers de mener des stratégies adaptées, tout en donnant plus d'autonomie aux écoles".

Il faut enfin préciser que cette version du rapport de la Cour des comptes peut encore être amendée par les magistrats, en fonction des réponses qu'ils recevront de la part des 22 établissements concernés, et auxquels ce document a été adressé début décembre.