Après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, les deux principaux syndicats étudiants appellent à faire barrage contre Marine Le Pen et le Front National.

En réaction aux résultats du premier tour de l’élection présidentielle, les deux principaux syndicats étudiants appellent à faire barrage à Marine Le Pen, la candidate du Front National, lors du deuxième tour, le 7 mai prochain.

« Nous étions prévenus »

« Quelle déception de constater que 15 ans après le 22 avril 2002, peu de choses ont changé, si ce n’est que cette fois nous étions prévenus », écrit la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) dans un communiqué, le 24 avril. Le premier syndicat étudiant de France rappelle que « l’extrême droite représente tout ce qu’il y a de plus xénophobe, de plus fermé, de plus nauséabond dans les idées politiques françaises ». 

Craignant, en cas d’élection de Marine Le Pen, de voir la France devenir « une société fermée, raciste, et qui plongerait la jeunesse dans le repli sur soi et la précarité », la Fage réaffirme « la nécessité de mobiliser les jeunes contre le Front National ». 

Anti-Le Pen mais pas pro-Macron

L’organisation étudiante rappelle toutefois qu’elle ne « soutient aucun parti politique » mais « inscrit néanmoins dans ses statuts (…) la défense des valeurs humanistes républicaines et européennes ». Aussi, « nous ne signons pas un chèque en blanc à Emmanuel Macron », prévient le communiqué. 

Même son de cloche du côté de l’Union nationale des étudiants de France (Unef). L’ancien premier syndicat étudiant du pays, récemment battu par la Fage, appelle les jeunes dans un communiqué « à se déplacer aux urnes lors du second tour de l’élection présidentielle pour faire barrage à l’extrême droite ». Emmanuel Macron ne semble pas non plus séduire l’Unef, puisque son nom n’est pas cité une seule fois dans le communiqué.

« Banalisation inquiétante du vote FN »

L’unef se désole de voir « une progression et une banalisation particulièrement inquiétante du vote FN ». « Le Front National ne sera jamais un parti comme les autres », écrit l’Unef, qui prévient qu’« aucun jeune n’a intérêt à voter pour la haine le 7 mai prochain ». 

Le syndicat voit dans les résultats de ce premier tour une « profonde fracture entre les jeunes et les institutions représentative » et parle au nom de la jeunesse : « Cette société vieillissante et en crise refuse de nous accorder une place et nous considère comme une variable d’ajustement. »  La Fage est du même avis et rappelle à Emmanuel Macron « sa responsabilité historique : redonner de la confiance et de l’espoir à la jeunesse en prenant des engagements forts à son égard ».

Rassemblements place de la République à Paris

Les deux syndicats ont chacun prévu des mobilisations. La Fage oragnise, avec SOS Racisme et l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), un Grand concert républicain, dimanche 30 avril (15 h), à la place de la République à Paris. 

C’est sur cette même place que l’Unef appelle à un rassemblement, aujourd’hui à 18 heures. L’organisation appelle également à signer la pétition sur le site lajeunessecontrelefn.fr