Faute d’argent, de plus en plus de jeunes Français renoncent à se soigner ou à manger correctement. C’est ce que soulève un récent rapport de la Croix-Rouge.

La Croix-Rouge tire la sonnette d’alarme dans un récent rapport intitulé « Pacte pour la santé globale des jeunes ». Les jeunes Français, et particulièrement les étudiants, seraient de plus en plus précaires. « En France, un jeune sur cinq a renoncé aux soins. Or, un premier indice de la précarité est de ne pas se faire soigner», pointe l’organisation.

Les moins de 25 ans rencontreraient également des difficultés financières pour s’alimenter et la Croix-Rouge dénombre 13.000 étudiants parisiens sautant quatre à six repas par semaine, faute de pouvoir se les payer.

Plus de fréquentation dans les épiceries solidaires

Au sein des 700 épiceries solidaires dans lesquelles les plus démunis peuvent s’approvisionner à tarifs réduits, la fréquentation des moins de 25 ans est passée de 11,9 % en 2015 à 13 % en 2016, selon les chiffres du rapport. « Faire une croix sur les dépenses de santé et d’alimentation relève d’une "priorisation malheureuse" de la part de personnes "paupérisées" », a commenté Jean-Jacques Eledjam, président de l’organisation auprès du Monde.

La pauvreté rajeunit

Comme le décrivent les auteurs du rapport, les jeunes et les enfants vivant dans des ménages n’ayant pas eu accès à une insertion professionnelle stable sont particulièrement enclin à connaître une situation précaire. Ainsi, près d’un enfant sur cinq vit dans une « situation sociale précaire » en France. Le nombre de jeunes à la rue progresse également, d’après les enquêtes menées au sein de structure d’urgence en ville.

Pessimisme et addictions

Cette précarité a bien évidemment de nombreuses incidences sur le quotidien de ces jeunes Français. Déjà en ce qui concerne leur insertion professionnelle : en zone rurale, un jeune sur trois n’a pas pu se rendre à un entretien d’embauche faute de moyen de transport.

A cela vient s’ajouter le pessimisme quant à leur avenir, les addictions multiples ou encore le manque de sommeil.

Quelles solutions ?

Face à cette paupérisation croissante des plus jeunes, la Croix-Rouge interpelle le nouveau gouvernement et suggère notamment un certain nombre de mesures à la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn. L’institution propose d’ouvrir l’accès aux minima sociaux dès l’âge de 16 ans, de déployer des Maisons des adolescents et des Espaces santé jeunes ou encore la mise en œuvre de sanctions envers les professionnels de santé qui refuseraient d’accorder des soins aux jeunes les plus vulnérables.

Sauf que bien souvent, les principaux concernés ignorent les dispositifs d’aide sociale et de santé mis à leur disposition.