La Fondation de l'université de Versailles-Saint-Quentin (UVSQ) a lancé une campagne de collecte de dons pour financer le renouvellement des collections de livres d'examens et autres manuels de sa bibliothèque universitaire.

« Feriez-vous confiance à votre médecin s'il n'avait jamais lu un livre ? » : voici le type d'accroche que l'on peut lire sur la campagne de collecte de dons lancée il y a quelques jours par l'université de Versailles-Saint-Quentin (UVSQ). Un appel au financement qui permettra de renouveler les manuels de la bibliothèque des Yvelines, l'université ne pouvant plus se permettre de telles dépenses.

Récolter 300 000 euros pour 7 500 ouvrages

C'est une première en France. La Fondation de l'UVSQ lance une campagne de collecte de fonds avec pour objectif de lever 300 000 euros avant la fin juin 2015. La somme récupérée devrait permettre d'acquérir 7 500 ouvrages. Un moyen de poursuivre le développement du fond documentaire et de renouveler la collection de la bibliothèque universitaire, « complément indispensable à la transmission du savoir académique dispensé par les enseignants-chercheurs », selon le communiqué. Pour cela, l'UVSQ sollicite le soutien de la population, des entreprises et des institutions du territoire.

Parmi les ouvrages en passe d'être acquis, plusieurs domaines seront couverts : la santé (55 000 euros d'ouvrages pour les élèves infirmiers, sages-femmes et médecins), le droit et les sciences politiques (96 000 euros pour les collections juridiques),  les sciences et technologies (100 000 euros de manuels en biologie, chimie, mathématiques, physique, sciences de l'ingénieur) et les sciences humaines et sociales (49 000 euros pour renouveler les collections en économie, histoire, géographie, management et sociologie).

A ce jour, près de 35 000 euros ont été récoltés et pour attirer les mécènes, l'UVSQ propose un programme de reconnaissance. Ainsi, une donation à hauteur de 15 euros permet de voir son nom apparaître sur le site Internet de la Fondation. Une donation à hauteur de 100 000 euros peut permettre de dîner en privé avec le Président de l'Université.

L'UVSQ fait face à des difficultés financières

Incapable de financer ses propres bibliothèques, l'université doit se résoudre à quérir l'aide de mécènes, particuliers ou professionnels. Un appel aux dons que les étudiants et les enseignants de voient pas d'un bon œil. « Cette campagne dit que l'UVSQ est une université publique qui n'a pas d'argent pour acheter ses livres. C'est le symbole d'une université qui va très mal. Que l'UVSQ soit réduite à faire un appel à la charité a même un côté un peu honteux », dénonce Jérôme Deauvieau, chercheur au département des sciences sociales, dans un entretien accordé au Parisien.

Effectivement, depuis fin 2012 l'université traverse une période de crise financière (cinq millions d'euros de déficit prévisionnel en 2014) nécessitant de prendre des solutions (fermeture de certaines filières, limitation des horaires de la BU, masse salariale revue à la baisse...). Un déficit résorbé pour 2014 selon l'UVSQ, qui a obtenu en mars une aide de 2,6 millions d'euros du ministère de l'Enseignement supérieur et qui continue cette année à réduire ses dépenses.

Toutefois, la Fondation UVSQ tient à faire la différence entre la crise traversée par l'université et cet appel aux dons. « Nous avons demandé aux bibliothécaires de nous faire une estimation du besoin idéal d'acquisition. On peut avoir l'impression que cela vient compenser des investissements que l'Etat ne ferait pas, alors que ce n'est pas le cas. Il y a juste un changement de culture à faire. Le mécénat doit se développer dans la culture française » confiait au Parisien le président de la fondation, Grégory Quenet.