Le site de Tolbiac devrait rester fermer « pour des raisons de sécurité et de remise en état ».

Occupé depuis le 26 mars dernier, le site de Tolbiac, antenne de l’université Paris 1, a été évacué ce matin par les forces de l’ordre. L’opération, qui a duré une heure, s’est déroulée « dans le calme », selon la préfecture de police.

Une évacuation attendue par le président d’université

« Les forces de l’ordre ont mis fin à l’occupation du site ‘Tolbiac ‘ », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb vers 5h30 ce vendredi. Une évacuation qui fait suite à la demande du président de l’université, Georges Haddad. « Consterné par l’état du centre », il avait réclamé une intervention policière le 9 avril.

Ce matin, une centaine d’étudiants ont donc été évacués par une centaine de CRS. Certains seraient parvenus à s’enfuir, quand d’autres sont restés retranchés dans un amphithéâtre, lançant des projectiles sur les forces de l’ordre. 

Si la préfecture de police parle d’une intervention qui s’est déroulée « dans le calme », les étudiants sont plus nuancés. Ils affirment être choqués, deux d’entre eux auraient été gravement blessés. Certains étudiants ont dénoncé l’usage des matraques et parlent d’agressivité du côté des forces de l’ordre. Un individu a dû être interpellé pour « outrage et rébellion ». 

Le site fermé jusqu’à nouvel ordre

Outre l’intervention, la préfecture de police a en a profité pour constater les dégâts. Tags, déchets, cocktails molotov, matelas, matériel dégradé… Au vu du désordre, la préfecture a annoncé la fermeture du site « pour des raisons de sécurité et de remise en état ».

Une démarche approuvée par la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal : « Avec le Président Haddad, nous souhaitons que la vie universitaire reprenne son cours et que les examens puissent se tenir dans la sérénité », a-t-elle déclaré sur Twitter. Le ministre de l’intérieur a quant à lui salué « la réussite de cette opération dans un contexte d’intervention délicat ».

La mobilisation se poursuit

Néanmoins, pour l’Unef, cette évacuation ne passe pas. Le syndicat étudiant a immédiatement condamné cette opération en la qualifiant « d’inadmissible ». « La réponse du gouvernement est encore une fois la répression et l’usage de la force », a indiqué Lila Le Bas, présidente de l’Unef.

Dix jours plus tôt, le 9 avril, l’université de Nanterre avait également déjà dû être évacuée par les forces de l’ordre. Le 18 avril, le tribunal administratif de Montpellier a pris la décision d’ordonner la libération des lieux par les étudiants « sans délai » suite à la demande du président. 

A Sciences Po, le directeur de l’institution a tenté de négocier le déblocage de son établissement. Jeudi, plus de 6 000 étudiants sur 13 000 ont répondu à une grande consultation en ligne. Résultat : 67 % d’entre eux désapprouvent le blocage. 

Pour autant, le mouvement étudiant ne s’arrête pas là. La Commune Libre de Tolbiac a appelé au rassemblement devant l’université à midi pour protester contre la réforme de l’université.