En 2017, 10 000 bacheliers n’ont pas été pris en Staps, faute de places.

Depuis mardi 27 novembre, la construction du nouveau gymnase de l’université de Nîmes a débuté. Son objectif est de créer 200 nouvelles places en Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) à la rentrée 2018.

« Nous allons orienter notre filière Staps avec la création d’une licence Activité physique adaptée santé », a précisé Emmanuel Roux, président de l’université de Nîmes, à Educpros. Cette spécialisation s’avère nécessaire pour se démarquer au sein d’une filière qui attire de plus en plus de bacheliers.

Faire face à la demande des bacheliers

Plus de 40 000 étudiants s’inscrivent en licence de Staps chaque année, une filière en tension. Comme en droit ou en psycho, les inscrits ont été tirés au sort en 2017, fautes de places dans les universités. Résultats : 10 000 bacheliers refusés. 

Pour faire face à cette demande croissante, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal a rappelé que son ministère allait augmenter « de plusieurs milliers de places » la capacité d’accueil en Staps, en créant 500 places supplémentaires sur chaque site.

Désengorger les universités de Staps

« Nous en avons déjà identifié quatre ou cinq », a confirmé la ministre. L’un d’eux se trouve être celui de Nîmes. « A la clé, ce sont des emplois pour nos jeunes dans un secteur qui offre de bonnes perspectives d’insertion professionnelle », promet Carole Delga, présidente de la région Occitanie. 

L’université nîmoise espère désengorger celle de Montpellier, située à seulement 50 km et qui reçoit plus de 2400 étudiants en Staps. 

Mais Didier Delignières, professeur à Montpellier, ne semble pas totalement convaincu par cette stratégie : « Il faudra que les spécialités nîmoises prennent, faute de quoi, les étudiants pourraient être tentés de nous rejoindre en deuxième année de licence ce qui ne ferait que nous charger un peu plus », explique-t-il à Educpros

Diversifier l’offre dans les métiers du sport

D’autres universités seraient concernées par l’ouverture de cette filière. En attendant, la ministre compte bien durcir la sélection des bacheliers en Staps, pour éviter le tirage au sort. Il y a une semaine, elle a annoncé quelques modalités, qui sont encore au stade de projet.

Les étudiants devront par exemple pratiquer un ou plusieurs sports, avoir un certain niveau dans les disciplines scientifiques, des capacités rédactionnelles et être impliqués dans le monde associatif (Bafa, brevet de secouriste…).

Autre solution : proposer de nouvelles formations dans les métiers du sport. Comme l’ouverture d’un diplôme d’études universitaires scientifiques et techniques, la création d’un BTS ou d’un bac professionnel. Frédérique Vidal souhaite également mettre en place des passerelles avec des formations liées au ministère des Sports ou de la Santé.