L'Unef poursuit son combat contre la sélection à l'université. Dans une enquête, le syndicat dénonce cette pratique dans 60 établissements français. Une méthode assumée mais qui n'a rien d'illégal, selon la CPU.

La sélection à l'université une nouvelle fois pointée du doigt. L'Unef, syndicat étudiant majoritaire, dénonce cette pratique « illégale » dans une enquête publiée le 19 juin 2016. Il avance le nombre minimum de 60 établissements adeptes de ces méthodes.

Majoritairement en Île-de-France

Les universités pointées du doigt par le syndicat pratiquent la sélection dans une moins une de leurs filières. Et la grande majorité d'entre elles (4 sur 5) le ferait dans l'illégalité. Sur les 336 filières sélectives répertoriées par l'Unef, 200 se concentrent dans quinze universités, dont sept en Île-de-France. Les quatre établissements les plus sélectifs sont tous parisiens : Paris 4-Sorbonne (33 filières sélectives), Paris Diderot (18), Paris Est Créteil (17) et Paris 1-Panthéon-Sorbonne (16). Des universités comme Nantes, Savoie-Mont-Blanc, Valenciennes, Nice-Sophie-Antipolis, Rouen-Normandie ou encore Lille 1 figurent aussi dans ce classement. 

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« Une université à deux vitesses »

La sélection dénoncée par l'Unef se pratique sous plusieurs formes : dossier, entretien, exigences de prérequis, parcours sélectifs. Y voyant une atteinte à l'égalité des chances des bacheliers, le syndicat dénonce « une université à deux vitesses », contentant des « formations d'élites bénéficiant de taux d'encadrement et de nombre d'heures de cours élevés par rapport aux autres filières ». 

Et alors que l'Unef demande des sanctions de la part du ministère de l'Education nationale, celui-ci confirme à l'Etudiant que d'exiger aux bacheliers d'avoir suivi une filière spécifique ou d'avoir des prérequis n'est « pas normal », et demande aux recteurs de « veiller à ce qui les règles soient respectées ». Toutefois, la rue de Grenelle conteste la liste proposée par l'Unef, notamment l'exemple de l'université de Limoges.

Rien d'illégal, selon la CPU

Contestation également du côté des présidents d'universités. Alain Tallon, vice-président pour la formation et la scolarité de Paris-Sorbonne, ne nie pas la sélection mais assure qu'elle n'assure que 22 filières et non 33. Selon lui, cela « permet d'offrir des cursus exigeants à de très bons étudiants ». Même son de cloche à l'université de Cergy-Pontoise, dont le président François Germinet, interrogé par Le Monde, considère que « ces parcours renforcés sont aussi une manière d'attirer les meilleurs étudiants ». 

La Conférence des présidents d'universités (CPU) se défend quant à elle de tout acte illégal. Dans l'Etudiant, son président Jean-Loup Salzmann estime qu' « à partir du moment où l'étudiant obtient une place dans le parcours dit général de la licence, la sélection à l'entrée de certains parcours n'est pas illégale ». Par exemple, « il est tout à fait légal de demander des prérequi à des étudiants souhaitant s'inscrire dans un parcours particulier tel que les bi-licences ». 

Le président de la CPU assure « respecter l'esprit à la lettre des textes même si nous regrettons de ne pas pouvoir orienter nos étudiants ».

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Tirage au sort

Le tirage au sort est aussi vivement critiqué par l'Unef. Selon le syndicat, 32 universités y ont eu recours pour leurs filières sous tension. En Staps, 7 000 bacheliers auraient ainsi été privés de leur premier vœu.