L'Unef a réagi aux mesures du plan d'urgence pour l'emploi annoncées par François Hollande. Le syndicat y voit du contre productivisme et un risque pour l'emploi des jeunes.

Pour l'Unef, François Hollande n'aide pas les jeunes. L'Union nationale des étudiants de France (Unef) juge en effet que son plan d'urgence pour l'emploi, présenté lundi 18 janvier lors de ses vœux aux acteurs de l'entreprise et de l'emploi est un « mauvais plan » fait de « mesures contre-productives »

« Former les chômeurs, mais aussi les jeunes »

« Le financement d'un milliards d'euros pour le plan de formation de 500 000 chômeurs laisse sceptique », écrit le syndicat dans un communiqué. Il estime que cette proposition va susciter de « nouvelles coupes budgétaires dans les services publiques », risquant « d'augmenter le nombre de jeunes qui se retrouvent à la porte des universités ou des formations professionnelles faute de place ». 

Concernant l'assouplissement de la durée du travail, l'Unef y perçoit « un risque de chantage à l'emploi pour accepter une augmentation du temps de travail sans compensation ». Quant à la prime de 2 000 € allouée aux entreprises de moins de 250 salariés pour chaque embauche, en CDI ou CDD de plus de six mois et d'un salaire compris entre 1 et 1,3 Smic, il y a un risque « d'appel d'air pour les contrats précaires et mal rémunérés », selon l'organisation. 

Enfin, la mesure visant à plafonner les indemnités prud'homales, déjà engagée en août 2015 avec la loi Macron, a fait vivement réagir l'Unef. La proposition du gouvernement est de déterminer les plafonds en fonction de l'âge et de l'ancienneté du salarié licencié. « Les jeunes seront les premiers à en subir les conséquences et à être considérés comme une main d'œuvre jetable », écrit le communiqué. Le texte, promulgué l'année dernière, avait été invalidé par le Conseil constitutionnel, pour rupture du principe d'égalité devant la loi.

Refus de déclassement

« Le président de la République est à des années-lumière des engagements qu'il avait pris auprès des jeunes pendant sa campagne électoral », constate l'Unef. En porte-parole, le syndicat « rappelle le refus des jeunes de subir un déclassement pour obtenir du travail ». Et il demande au gouvernement de recentrer ses efforts vers « le développement de la garantie jeunesse », comprenant « une aide financière et un accompagnement vers l'emploi », ainsi que vers « la reconnaissance des qualifications dans les conventions collectives des entreprises » et « la taxation des emplois précaires et le soutien aux embauches en CDI ».

Le 18 janvier dernier, le chef de l'Etat a détaillé son plan d'urgence pour l'emploi. Il avait annoncé diverses mesures pour favoriser l'apprentissage. Il prévoit notamment l'ouverture de nouvelles formations et l'augmentation du nombre de bénéficiaires du contrat de professionnalisation à 50 000, contre 8 000 aujourd'hui.