Dans son enquête annuelle, l’Unef épingle certaines universités accusées de sélectionner illégalement les étudiants à leur entrée en licence. Le nombre de formations concernées seraient porté à 379 en 2017 selon le syndicat étudiant.

Alors que les discussions autour de l’instauration de prérequis à l’entrée à l’université vont bon train depuis le 17 juillet dernier, l’Unef publie une enquête incendiaire sur le sujet.

Ce rapport recense en effet 379 licences qui recruteraient leurs étudiants de façon illégale en 2017. Un chiffre en progression, selon le syndicat étudiant, puisque l’on en dénombrait 336 dans ce cas l’an passé.

194 formations usent déjà de prérequis

Si certaines licences sélectionnent leurs étudiants sur dossier ou via des entretiens, certaines autres n’hésitent pas à opérer une sélection basée sur des prérequis. Selon l’Unef, elles seraient 194 à user de cette pratique de façon illégale.

L’Unef cite par exemple le fait d’exiger des étudiants titulaires de bacs généraux, d’imposer aux futurs élèves une formation extérieur au cursus scolaire ou un niveau minimum dans une discipline donnée.

Paris-Sorbonne, mauvais élève

Le syndicat en profite pour dresser le palmarès des plus mauvaises élèves en termes de sélection à l’université. Et à la tête de celui-ci, on retrouve la prestigieuse université Paris-Sorbonne.

La fac compte 36 filières mentionnées « sélectives ». Elle est suivie de deux autres facultés parisiennes : Paris-Est-Créteil et Paris-Diderot avec respectivement 22 et 19 formations sélectives.

Toutefois, Alain Tallon, vice-président "formation et scolarité" de l'université Paris-Sorbonne se défend de ces accusations : « Cela n’a rien d’illégal. Il s'agit soit de doubles cursus avec des établissements extérieurs comme Panthéon-Assas, l'UPMC ou Sciences po, soit de cursus internes [...] où nous demandons un niveau minimum », explique-t-il à Educpros.

Selon lui, seules 25 formations opèrent une sélection à l’entrée à l’université à Paris-Sorbonne contre les 36 annoncées par l’Unef.

Des cursus « élitistes »

François Germinet, à la tête de la commission Formation de la conférence des présidents d’universités s’accorde avec ces arguments : « Nous proposons certains parcours internationaux qui nécessitent de vérifier un niveau minimum dans une langue étrangère, ou encore des doubles licences, qui supposent d’avoir des capacités pour fournir une charge de travail plus lourde », justifie-t-il auprès du Monde.

Pour l’Unef, « cela crée une université à deux vitesse ». Le syndicat appelle le gouvernement à sévir contre ces pratiques illégales qui contribuent à former des cursus « élitistes ».

Des cursus qui, selon l’Unef, nécessiteraient plus de moyens alors que les facs en manquent cruellement pour répondre à un nombre d'étudiants en perpétuelle croissance