Le 4 juillet dernier, le Sénat a voté un nouvel amendement interdisant l’utilisation du téléphone portable dans les lycées.

Déjà adoptée dans les écoles et les collèges le 7 juin 2018, la loi relative à l’encadrement de l’usage du téléphone portable pourrait bientôt s’appliquer au sein des lycées. C’est en tout cas ce qu’a proposé le Sénat le 4 juillet dernier à l’occasion de l'examen du texte de loi. D’après la présidente de la commission de la culture et de l’éducation, Catherine Morin-Desailly, il s’agit avant tout d’être cohérent « sur l’ensemble des niveaux scolaires ».

Donner un cadre aux élèves

En effet, l’amendement prévoit d’interdire l’utilisation du portable « dans tout ou une partie de l’enceinte de l’établissement et lors des activités pédagogiques menées à l’extérieur ». Ainsi, en classe, dans la cour ou lors des sorties, les lycéens, comme les collégiens et les écoliers, ne pourront plus utiliser leur téléphone. « Il faut un cadre », admet Catherine Morin-Dessailly. « Ce n’est pas nier les évolutions technologiques mais c’est tout simplement sanctuariser un cadre de travail et d’apprentissage qu’est l’école », précise-t-elle.

Un avis partagé par plusieurs membres de la commission qui insistent sur les effets négatifs du portable. « Il perturbe les enseignements et constitue l’un des facteurs de l’indiscipline en classe », lance Stéphane Piednoir, rapporteur de la commission. « Cette forme de déconnexion contribuera à la prise de conscience de la nécessité de construire un rapport équilibré aux écrans », poursuit-il.

Des questions encore en suspens

Mais à l’instar des écoles et des collèges, les contours de cette interdiction restent encore flous. Pierre Ouzoulias, vice-président de la commission, s'interroge : « Le lycée est une enceinte dans laquelle évoluent des élèves majeurs, la question reste posée de savoir comment l’interdiction pourrait y être organisée. » Les sénateurs craignent d’ailleurs que le temps de la réflexion ne soit pas assez long pour déterminer les conditions de cette nouvelle interdiction.

Pour d’autres, il faudrait aller encore plus loin. « On parle sans arrêt d’éducation aux médias et au numérique, encore faut-il se donner les moyens de la promouvoir », s’indigne Pierre Gattolin, membre de la commission. 

Le texte doit maintenant être débattu une nouvelle fois le 16 juillet prochain avant d’être voté à la fin du mois.