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L'apprentissage est l'une des raisons de la réussite du modèle allemand.

Une qualité de fabrication jamais démentie qui repose notamment sur le niveau élevé de qualification de sa main-d’œuvre. L'Allemagne compte ainsi trois fois plus de jeunes formés en alternance qu'en France : 1,43 million outre-Rhin en 2013, contre « seulement » 430 000 dans l'Hexagone la même année… De plus, deux tiers des apprentis allemands sont pré-embauchés à l’issue de leur contrat, contre 33 % chez leurs homologues français. Tout ceci ramène le taux de chômage des moins de 25 ans à 7 % en Allemagne contre… 24,5 % en France (chiffres en août 2015).

Les raisons d’un tel succès ? Le système éducatif allemand, très différent du nôtre, valorise tout autant les parcours académiques que les formations pratiques. En effet, après l'école primaire, les élèves allemands ont deux possibilités très sélectives : passer le bac et étudier à l'université ou suivre une scolarité plus manuelle et appliquée. L’apprentissage y est ainsi perçu comme un choix positif et assumé, et en aucun cas comme une solution choisie par défaut.

Autre élément : les apprentis ne se rendent dans des centres de formation qu’un jour en moyenne par semaine pour suivre des enseignements généraux. « Les TPE n’ayant pas souvent les moyens de former les jeunes, faute de personnels capables d’endosser les habits de tuteur, il y a un effet d’entraide dans un bassin d’emploi où les grandes entreprises forment des salariés qui, ensuite, seront embauchés dans des sociétés de plus petite taille », explique René Lasserre, directeur du Centre d’information et de recherche sur l’Allemagne contemporaine (Cirac).