Pour la troisième année consécutive, l'éducation nationale reste le premier budget de l'Etat. Avec 3 milliards d'euros supplémentaire pour 2017, le gouvernement veut marquer la rupture avec les programmes des candidats à la primaire de la droite en matière d'éducation. 

L'éducation nationale reste la priorité du quinquennat de François Hollande. Premier budget de l'Etat depuis 2015, l'éducation bénéficie d'une hausse de plus de trois milliards d'euros par rapport à 2016 pour atteindre 92,49 milliards d'euros selon le projet de loi de finances 2017. 

« L'ambition du pays pour la jeunesse et son avenir »

La part la plus importante, 68,64 milliards d'euros, sera destinée à l'éducation nationale (+ 2,15 milliards d'euros), tandis que les 23,85 millions restants seront alloués à l'enseignement supérieur et à la recherche (+281 millions). 

Cet effort concrétise « l'ambition du pays et du gouvernement pour la jeunesse et son avenir » selon Thierry Mandon, secrétaire d'Etat à l'enseignement supérieur et à la recherche. Lui et sa ministre de tutelle Najat Vallaud-Belkacem ont présenté le budget mercredi 28 septembre 2016. Une conférence de presse qui s'est vite transformée en discours de campagne. La ministre de l'éducation nationale a d'abord marqué la rupture avec Nicolas Sarkozy, qui avait supprimé 80 000 postes dans l'éducation par lors du précédent quinquennat.

Mais elle s'est aussi inquiétée aux nouvelles suppressions de postes de fonctionnaires voulues par les candidats à la primaire de droite : Bruno Le Maire et François Fillon souhaitent supprimer 500 000 postes, Nicolas Sarkozy 300 000 et Alain Juppé entre 200 et 250 000. Des suppressions qui ne concerneraient ni la police, ni la justice, ni l'armée. 

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Un budget à la sauce campagne présidentielle

Se basant sur une « hypothèse basse » de 300 000 suppressions de postes de fonctionnaires, elle craint ainsi de voir l'éducation nationale allégée de 100 000 postes en cinq ans. « Ça signifie que puisque l'on a tous ans environ 20 000 départs à la retraite, aucun enseignant ne sera remplacé, a-t-elle martelé. Dans une école avec cinq classes de CP, cela signifie que l'une des classes sera fermée et les élèves dispatchés dans les quatre restantes. » Et si les suppressions sont plus nombreuses, alors l'éducation nationale subira des licenciements. « Il est temps de dire aux Français ce que signifient concrètement » les programmes de la droite, a-t-elle insisté.

Les 60 000 postes promis par Hollande seront créés

« Là où la droite dit qu'elle veut moins d'enseignants mais mieux rémunérés, nous avons préférés des personnels plus nombreux et mieux rémunérés », résume-t-elle. Confiante, elle annonce une rentrée 2017 « merveilleuse » et assure que la promesse de François Hollande de créer 60 000 postes dans l'éducation sera tenue. « Le budget 2017 permettra de créer les 12 662 postes manquants. Ces créations de postes se voient sur le terrain, même si les syndicats affirment le contraire. Avec le rétablissement de la formation, les nouveaux enseignants ne sont qu'à mi-temps devant leur classe, mais ils vont être de plus en plus visibles », promet Najat Vallaud-Belkacem.