L'école de commerce aux cinq campus et aux 6000 étudiants entend intensifier son développement à l'international, en attirant des étudiants et des professeurs étrangers notamment. L'établissement de management envisage également de se lancer dans les fameux MOOC, et multiplie actuellement les partenariats avec de grandes universités renommées.

L'EDHEC souhaite clairement s'installer comme une des toutes premières marques mondiales en matière d'enseignement supérieur. Dans cette perspective, l'école de commerce triplement accréditée (EQUIS, AACSB et AMBA) veut intensifier son internationalisation. "Nous souhaitons accélérer notre développement à l'international, et cela passe par plusieurs niveaux. Il faut tout d'abord que les étudiants du monde entier pensent à l'EDHEC pour un MSc ou un PhD. Cela passe également par le recrutement de professeurs étrangers, et une montée en gamme au niveau des étudiants. Le but est de pouvoir donner aux étudiants ce qu'il y a de plus nouveau, et faire en sorte que les connaissances soient transmises le plus rapidement possible aux entreprises", explique René Garcia, le directeur de l'EDHEC Grande Ecole et Masters of Science nouvellement nommé. "Nos équipes de recherche, c'est notre moyen de recruter des étudiants étrangers. Les classements et les accréditations sont deux autres moyens. Le stade suivant est de faire en sorte que nos marque soit plus connue dans le monde", souligne de son côté Olivier Oger, le directeur général du groupe EDHEC.

Rapprochement avec de grands établissements

Cette volonté de se développer à l'étranger passe bien entendu par des partenariats divers et variés avec de grandes universités mondiales. L'établissement de management, qui compte 6000 étudiants présents sur 5 campus (Lille, Nice, Paris, Londres et Singapour) et 10 000 en formation continue, a récemment signé un partenariat de recherche avec Princeton, un autre avec Stanford et dernièrement avec Yale pour l'executive education. Des partenariats qui ont entraîné la mise sur le côté du projet d'ouverture d'un campus à New York. "Notre volonté était de développer notre visibilité en Amérique du Nord. Nous souhaitions une présence physique, mais qui n'a finalement pas été nécessaire suite aux partenariats signés", met en avant Olivier Oger. Avant de préciser : "Notre visibilité doit venir de nos spécificités, des pépites sur lesquelles nous avons des choses à dire, aussi bien à l'international que sur le plan national."

La formation diplômante, "arme anti-crise"

L'autre grand axe stratégique de l'EDHEC demeure la formation continue. "Sur le campus de Paris, inauguré il y a 18 mois, 4000 personnes ont été formées, et nous avons dépassé en septembre nos objectifs, notamment sur les programmes français. La formation diplomante est une formidable arme anticrise. D'autant que nous proposons des méthodes pédagogiques innovantes, permettant de totalement revoir la salle de classe", explique Benoit Arnaud, directeur EDHEC Management. Avant de poursuivre : "Nous avons commencé avec deux campus : nous avons donc dû développer très tôt un dispositif de e-learning, en plus du développement de l'accompagnement individuel de 'talents'. Nous avons ainsi développé une forme pédagogique dans l'animation : nous utilisons par exemple de plus en plus l'animation par le jeu. Et ce, toujours en vue de faire passer nos idées."

Pour aller au-delà, l'EDHEC envisage de se lancer dans les fameux MOOC, ces cours gratuits massifs à distance.  "Nous allons faire des MOOC dans la lignée de nos équipes de recherche, et donc en finance. Car il s'agit avant tout d'un marché de marque", confie Olivier Oger.

En attendant la "révolution bachelor"

Le directeur général a également tenu à souligner "l'ampleur prise par le Family Business Center [centre du groupe EDHEC dédié aux entreprises familiales, ndlr]. Nous avons réuni autour du projet les familles Bic, Michelin, Mulliez... Le but est de les réunir à titre de sponsors, et ensuite de donner accès à des entreprises plus petites". Le centre de recherche et de formation pour les entreprises familiales propose ainsi un nouveau cursus aux membres des familles, dirigeants et administrateurs d'entreprises familiales pour se préparer à la transmission ou la reprise d'une entreprise familiale.

Olivier Oger a enfin abordé la question du diplôme bachelor, non-reconnu par le ministère de l'Enseignement Supérieur et Recherche. "Les bachelors vont être un sujet très important dans les prochaines années ! La révolution bachelor commence enfin à atteindre la France, et nous n'y sommes pas indifférents. D'autant qu'il s'agit de la formation qui va probablement subir la plus forte transformation ! Pour autant, actuellement, nous sommes très satisfaits de notre formule "4+1" qui marche bien. Tout l'enjeu pour la France est désormais d'obtenir le grade licence, c'est ce sur quoi nous nous battons actuellement avec le ministère", explique un Olivier Oger plutôt confiant sur le sujet.